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QUÉBEC – Raymond Bachand a mis en garde mardi le gouvernement Marois contre la tentation de vouloir faire des économies en réduisant les investissements en infrastructures.

Le sous-financement des infrastructures comme moyen de réduire la dette est une erreur qui ne doit pas se répéter, a fait valoir le porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances, faisant part de ses attentes à une semaine du dépôt du budget.

«Il me semble qu’on a payé le prix pour les viaducs du Souvenir et de la Concorde», a dit l’ancien ministre des Finances et candidat à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ) pour illustrer combien il peut être funeste de laisser dépérir les infrastructures.

En matinée, à l’entrée d’une réunion du caucus péquiste, le ministre de la Santé, Réjean Hébert, a pourtant laissé peu de doute sur les visées du gouvernement, du moins en ce qui a trait aux projets d’infrastructures dans le réseau de la santé.

«Il y a des projets qui risquent d’être reportés dans toutes les régions du Québec, à Montréal comme ailleurs», a lâché le ministre.

Or, faire des économies sur les infrastructures est un «écran de fumée», a répliqué M. Bachand, rappelant que le Québec s’est doté d’un plan étalé jusqu’en 2025 pour remettre en état les grands ouvrages.

«Aller moins que ça, je pense que c’est irresponsable», a-t-il dit.

Comme ses homologues des autres partis d’opposition, M. Bachand a présenté au ministre des Finances, Nicolas Marceau, ses attentes en prévision du budget du 20 novembre.

Le retour à l’équilibre budgétaire en 2013-2014 tel que prévu, et cela sans hausse d’impôt pour les contribuables, figure au premier rang de ses recommandations.

De nouveau, M. Bachand n’a pas exclu la possibilité que l’opposition officielle vote contre l’adoption du premier budget péquiste si ses demandes sont ignorées.

«Si l’ensemble de ce qui est inscrit dans le budget est inacceptable, déstabilise l’économie, augmente les impôts, nuit à l’engagement envers la jeunesse au niveau de la dette, nous prendrons nos responsabilités», a-t-il dit.

De son côté, la Coalition avenir Québec (CAQ) a posé quatre conditions pour appuyer le budget et assurer la survie du gouvernement minoritaire.

À l’évidence, toutefois, il y a peu de chances que ces conditions se retrouvent toutes réunies dans les documents budgétaires.

Les 19 députés caquistes vont voter contre le budget s’il contient des hausses d’impôt; s’il reporte le retour à l’équilibre budgétaire; s’il maintient la taxe santé au-delà de 2014 et s’il ne comporte pas un plan de relance économique, a prévenu le chef François Legault.

En point de presse aux côtés de son chef, le porte-parole de la CAQ en matière de finances, Christian Dubé, a dit avoir transmis un message sans équivoque au ministre Marceau lors d’une rencontre la veille.

«J’ai expliqué clairement à M. Marceau, et c’est le point le plus important, comment il était inconcevable de considérer des hausses d’impôt pour qui que ce soit en ce moment étant donné la situation», a-t-il affirmé.

M. Legault a cependant convenu que les signaux envoyés par le gouvernement jusqu’ici ne pointent pas dans la direction souhaitée par son parti, bien au contraire.

Selon lui, le budget risque d’inclure à la fois des hausses d’impôt _ comme l’a d’ailleurs déjà signifié le ministre Marceau _ et des coupes dans les services.

Quoi qu’il en soit, la première ministre Pauline Marois «vit dans une dimension parallèle si elle croit que les contribuables accepteront docilement des hausses d’impôt», alors qu’ils sont «horrifiés» par la gestion des fonds publics, a souligné le leader de la CAQ.

Pendant que la CAQ réclame des compressions de dépenses, Québec solidaire propose plutôt d’ouvrir les vannes.

«L’État québécois a de l’argent», a déclaré la coporte-parole Françoise David qui rencontrera à son tour le ministre des Finances, mercredi, afin de lui faire part des demandes de son parti.

Mme David entend suggérer au ministre d’accroître les prestations d’aide sociale et d’exclure les pensions alimentaires du calcul des revenus des prestataires monoparentaux et des mères aux études.

Évalué à environ 270 millions $, le coût de ces mesures pourrait être en partie financé par une hausse massive des redevances sur l’eau _ qui passeraient annuellement de 9 millions $ à 320 millions $ _ et par une augmentation de la ponction fiscale sur le gain de capital, a expliqué la coporte-parole de QS.

La députée de Gouin verrait également d’un bon oeil le report d’un an du retour à l’équilibre budgétaire.

Surtout «si comme on l’a vécu dans les années 1990, l’atteinte de l’équilibre budgétaire se fait en continuant d’appauvrir les plus pauvres. Ça, on ne le prendra pas», a-t-elle dit.

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