Graham Hughes Graham Hughes / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Le syndicat qui représente 700 employés de l’Institut Philippe-Pinel craint pour la mission de rééducation et de réadaptation de l’institution, après l’annonce de l’abolition prochaine de postes de sociothérapeutes. L’Institut, de son côté, se fait rassurant et parle plutôt de «consolidation».

Quelque 200 sociothérapeutes sont présentement à l’emploi de cet établissement, qui est spécialisé dans les soins de santé mentale aux personnes qui ont des comportements agressifs, violents, qui ont commis des actes criminels.

Au cours d’une entrevue vendredi, le président de la section locale 2960 du Syndicat canadien de la fonction publique, affilié à la FTQ, Sylvain Lemieux, a affirmé que ses membres étaient tenus dans l’ignorance, peu consultés quant au virage que veut prendre l’institut. Ils craignent pour leur emploi et, pendant cette période d’incertitude, vivent de l’angoisse.

«Ce qui est vraiment paradoxal, c’est que ça se fait dans une période où on a une augmentation des budgets. Donc, on augmente les budgets, mais on décide de couper dans la rééducation. Pour nous, ça ne fait aucun sens», s’est exclamé M. Lemieux, qui rapporte de la détresse psychologique chez ses membres, qui vivent déjà dans un milieu de travail difficile.

Selon l’information que le syndicat a pu obtenir au conseil d’administration, la direction de l’établissement souhaiterait recentrer sa mission, faire moins de rééducation et de réadaptation. Ainsi, des patients pourraient être redirigés vers des établissements de soins de santé réguliers, des ressources supervisées ou dans la population.

M. Lemieux se l’explique mal. «On traite des patients qui sont extrêmement dangereux. Il y a des patients qui peut-être nécessitent moins nos soins qui devraient être retournés vers les hôpitaux de secteurs. Ça, tout le monde est d’accord avec ça. Mais à part retourner les patients qui ne nécessitent plus les soins de l’établissement, on ne voit pas pourquoi on devrait réorganiser tout l’établissement. On pense qu’on donnait de bons services, historiquement. Mais il semblerait que l’employeur veut amener des changements. Et on ne sait pas vers où ça s’en va ces changements-là.»

Meilleurs soins, dit la direction

De son côté, la direction de Pinel a dit comprendre «que l’inconnu et le changement puissent inquiéter». Elle affirme néanmoins que «le changement de structure consistera en une bonification des ressources».

Depuis quelques mois, elle a d’ailleurs procédé à l’embauche de plusieurs ressources, «dans un objectif bien précis d’amélioration des soins et des services offerts aux patients», tout en tenant compte des aspects de sécurité, tant pour les patients que pour les employés et les citoyens.

La direction précise que l’annonce officielle de cette nouvelle structure est prévue le 22 novembre prochain, date à laquelle elle disposera elle-même de toute l’information et des autorisations nécessaires pour procéder.

«La direction entend et comprend l’impatience des membres de son personnel, mais elle peut assurer aujourd’hui que tout est mis en oeuvre pour que tout soit mis en place le mieux possible, le plus rapidement possible», a-t-elle répondu, par courriel.

La direction de Pinel prévoit «une augmentation significative de la structure de plus de 30 pour cent» dans le but de répondre aux besoins des patients. «Ces changements se veulent positifs et les effets des changements apportés seront minimes sur nos détenteurs de postes», a-t-on pris soin d’ajouter. Et des «mesures d’atténuation sont en cours d’élaboration» afin de favoriser ce changement.

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