Christopher Katsarov / La Presse Canadienne

TORONTO — Les policiers ont procédé à plusieurs arrestations, vendredi soir à Toronto, alors que des manifestants ont réussi à retarder le début d’un débat auquel étaient invités Steve Bannon, l’ancien stratège qui a aidé Donald Trump à remporter l’élection présidentielle, et le commentateur conservateur David Frum.

Une vidéo publiée sur les médias sociaux montre des policiers, à l’extérieur de la salle située au centre-ville, utilisant des matraques pour repousser la foule. Une autre photo de la scène montre un agent utiliser un gaz poivré. La police a confirmé sur Twitter avoir procédé à «un certain nombre d’arrestations», mais que personne n’a été blessé.

Dans sa déclaration liminaire, interrompue par les cris d’un manifestant, Steve Bannon a salué les protestataires pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression avant d’exposer ses propres opinions. La société est à la veille d’une «révolution», a-t-il affirmé.

«La question n’est pas de savoir si le populisme est à la hausse et si c’est l’avenir de la politique», a déclaré M. Bannon, provoquant quelques éclats de rire moqueurs. «La seule question qui se pose à nous est de savoir si ce populisme sera nationaliste ou socialiste.»

Dans sa déclaration liminaire, David Frum a déclaré que le nouveau populisme mis de l’avant par Bannon était une «arnaque» et un mensonge, affirmant que de nombreux dirigeants populistes dans le monde, y compris l’ancien patron de Bannon, étaient des «escrocs».

«Est-ce que le genre de politique que défend Steve Bannon, et que le président des États-Unis Donald Trump exprime, est-ce que cette politique m’apporte quelque chose?», a lancé M. Frum en s’attirant les applaudissements du public. «Ça ne vous apporte rien. Ça ne se soucie pas de vous. Ça ne vous respecte pas.»

Le thème du débat était: «L’avenir de la politique occidentale est populiste, pas libéral». Steve Bannon défendait la position en faveur et David Frum défendait la position contre.

Changer le système

Selon M. Bannon, ancien stratège de Donald Trump, les gens ordinaires ont longtemps été exclus par les élites politiques et capitalistes qui leur ont fait un mal immense.

Réfutant que le président américain ou ses partisans soient racistes, Steve Bannon a avancé que les populistes étaient les véritables antifascistes parce que, selon lui, le fascisme vénère l’État.

Steve Bannon s’est attaqué à ce qu’il a appelé les «grandes élites de la classe politique permanente» pour avoir provoqué la crise financière dévastatrice de 2008 et déclenché des guerres sans fin comme celle en Afghanistan. Il a ajouté que ce sont ces mêmes élites qui considèrent le mouvement populiste comme étant composé de xénophobes nativistes et racistes.

«Bien, ce n’est pas le cas. Ils sont la colonne vertébrale de notre pays, le peuple le plus honnête sur Terre», a déclaré Bannon au cours du débat de 90 minutes.

Le commentateur conservateur David Frum, l’adversaire de Bannon pour ce débat, a reconnu que la démocratie libérale était mal en point pour plusieurs des raisons évoquées par M. Bannon. Cependant, a-t-il nuancé, Donald Trump et le populisme ne devraient pas être la solution.

«Les échecs d’un bon système ne sont pas une raison pour se tourner vers un système diabolique», a prévenu David Frum. «Il faut renouveler le système et le réparer.»

Sécurité d’abord

Les opposants, qui accusent Steve Bannon d’être un suprémaciste blanc, auraient voulu que le débat soit annulé. L’événement d’une heure et demie dans un auditorium du centre-ville affichait complet, mais la salle est demeurée à moitié pleine.

Les organisateurs ont expliqué le retard d’environ une demi-heure en disant avoir prévu la présence des manifestants et qu’ils souhaitaient s’assurer que tout le monde soit en sécurité. Pour que le débat ait lieu, même tardivement, les membres du public continuaient de prendre place même après le début de la joute oratoire.

Le débat avait lieu à quelques jours des élections de mi-mandat du 6 novembre aux États-Unis. Les organisateurs ont annoncé que 2700 personnes avaient acheté un billet pour y assister, alors que plusieurs milliers d’autres suivaient la discussion sur le web.

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!