Andrew Vaughan Andrew Vaughan / La Presse Canadienne

OTTAWA — Le député fédéral Tony Clement a dû s’adresser à la police non pas à une, mais à deux reprises pour des tentatives d’extorsion liées à des «échanges inappropriés» en ligne qui l’ont mené à être «infidèle».

C’est ce qu’il a révélé dans une lettre à ses électeurs publiée sur son site web jeudi après-midi au lendemain de son départ du caucus conservateur.

M. Clement dit s’être adressé à la Police provinciale de l’Ontario l’été dernier. Une femme avec qui il avait eu des échanges en ligne s’était fait offrir de l’argent par un compte anonyme sur les réseaux sociaux contre de l’information intime et personnelle à son sujet.

Or, le député avait avoué mardi soir avoir été l’objet d’une seule tentative d’extorsion survenue au cours des trois dernières semaines. Il avait admis avoir fait parvenir des images et une vidéo explicites à une «destinataire féminine consentante», mais qu’elles s’étaient plutôt retrouvées entre les mains d’un «individu ou un groupe» qui l’avait «ciblé». Dans sa lettre de jeudi, M. Clement écrit qu’il s’agit «d’acteurs étrangers» et qu’il n’a pas hésité à contacter la GRC pour les dénoncer.

«Bien que ces échanges étaient complètement consensuels et mutuels, ils étaient absolument inacceptables et n’auraient jamais dû se produire», a-t-il reconnu.

Il précise qu’il continuera de représenter les électeurs de Parry Sound – Muskoka.

Le député de 57 ans, autrefois un pilier du Parti conservateur du Canada, avait démissionné mardi de ses fonctions au Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement, un comité ultra secret qui supervise les activités des agences de renseignement canadiennes. Cette fonction exige une cote de sécurité similaire à celle des agents de renseignement.

Le chef conservateur Andrew Scheer a affirmé mardi qu’il ignorait qu’une première tentative d’extorsion liée à Tony Clement avait eu lieu il y a quelques mois.

«Je viens juste d’apprendre il y a quelques minutes qu’il y avait eu cet incident l’été dernier, donc je ne le savais pas avant aujourd’hui», a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse à Brampton, en Ontario, moins d’une heure après la publication de la lettre de son ex-député.

«Comme je l’ai déjà dit, Tony et moi avions discuté de ce qui était arrivé récemment et cela m’avait été présenté comme un incident isolé, a-t-il poursuivi. Donc, je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait d’autres événements de ce genre ou un comportement répétitif.»

Le député néo-démocrate Alexandre Boulerice a invité le chef conservateur à ouvrir une enquête.

«S’il y a des allégations et des plaintes, ce n’est pas depuis deux jours-là, c’est dans les dernières années quand M. Clement était ministre et quand il était porte-parole du Parti conservateur, a-t-il avancé. M. Scheer ne pourra pas s’en laver les mains comme ça.»

Plusieurs femmes ont publié des allégations sur Twitter au cours des derniers jours, reprochant à Tony Clement d’avoir eu un comportement discutable envers elles sur les réseaux sociaux. Il leur aurait, par exemple, écrit des messages directs tard dans la nuit.

La lettre du député contient peu d’information à ce sujet sinon des excuses.

«J’offre mes excuses aux femmes avec qui j’ai eu ces échanges et aussi à qui que ce soit d’autre qui a pu avoir l’impression, de quelque façon que ce soit, que j’ai franchi des limites en ligne qui ont pu les mettre mal à l’aise sans que je le sache», a-t-il écrit.

Le député reconnaît qu’il a manqué de jugement durant une période difficile et qu’il a «franchi des limites qui n’auraient jamais dû l’être».

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