Andrew Vaughan/La Presse canadienne

OTTAWA — Postes Canada a suspendu ses garanties de livraison à temps, mardi, reconnaissant que les discussions avec le syndicat avaient peu avancé, au commencement d’une quatrième semaine de grèves tournantes.

Dans un communiqué, la société de la Couronne a aussi prévenu ses clients que les retards dans les livraisons étaient inévitables après la fermeture par le syndicat de «deux importants centres de traitement» en Ontario et en Colombie-Britannique.

La société déplore le manque de progrès, malgré les «longues discussions» et les «propositions sans cesse» de la partie patronale pendant les trois rondes de médiation.

Les parties ne sont toujours pas plus près d’une entente, indique Postes Canada dans son communiqué.

La société suspend donc ses garanties de livraison à temps «jusqu’à nouvel ordre».

Les membres du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) ont quitté leurs lieux de travail tôt mardi matin à Toronto et dans un centre de distribution de Scarborough, en Ontario.

Des grèves tournantes se sont poursuivies également au Centre de traitement du Pacifique, près de Vancouver, de même que dans certaines régions de la Nouvelle-Écosse, notamment à Halifax, Dartmouth, Lakeside et Tantallon.

Par contre, la grève était terminée dans la région de Gaspé, au Québec.

Les fermetures des centres à Vancouver et Toronto causeront des perturbations importantes dans le service et accroîtront les retards dans la livraison, a signalé Postes Canada.

«Nous continuons de tout mettre en œuvre pour effectuer les livraisons, mais les moyens de pression du syndicat occasionnent des accumulations et des retards importants partout dans notre réseau», plaide la société dans son communiqué.

«À Toronto, plus de 180 remorques remplies de colis, de paquets et de courrier sont stationnées alors que le syndicat a fermé l’établissement pour une troisième fois en moins d’un mois.»

Le syndicat se défend

Le président national du STTP, Mike Palecek, a confirmé que les négociations avaient débouché sur peu de progrès dans les dernières semaines, malgré l’implication d’un médiateur spécial dont le mandat s’est terminé pendant la fin de semaine.

«Malgré l’aide soutenue du médiateur au cours de la fin de semaine, Postes Canada refuse toujours de répondre à nos principales revendications en matière de santé et de sécurité, d’effectifs, de surcharge de travail, de sécurité d’emploi, de précarité d’emploi, de salaires équitables et d’équilibre entre travail et vie personnelle», a déclaré M. Palecek dans un communiqué.

«Nous demeurons à la table de négociation, et nous sommes prêts à négocier avec Postes Canada, mais nous n’allons pas nous croiser les bras et attendre en silence que l’employeur daigne traiter nos revendications avec sérieux. Cette bataille n’est pas terminée.»

La partie patronale a rejeté les accusations du syndicat, martelant qu’elle avait offert des propositions «importantes» sur le salaire et les conditions de travail.

Le gouvernement s’impatiente

La semaine dernière, le premier ministre Justin Trudeau a mis de la pression sur les négociateurs des deux parties.

Il a dit que sa patience avait des limites et laissé entendre que le gouvernement pourrait intervenir si une entente n’était pas conclue sous peu alors qu’approche la période des Fêtes, très achalandée pour le service postal.

Un porte-parole de la ministre du Travail, Patty Hajdu, a répété cet avertissement, lundi, sans fournir plus de détails.

Des grèves tournantes ont lieu partout au Canada depuis le 22 octobre.

En 2011, une loi spéciale de l’ancien gouvernement conservateur avait mis fin à un lockout de deux semaines provoqué par la société.

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