Darren Calabrese/La Presse Canadienne

MONTRÉAL — L’Université McGill subit de plus en plus de pressions sur le campus pour que ses équipes sportives abandonnent le surnom de «Redmen», que certains jugent péjoratif pour les Autochtones.

Dans un référendum tenu par l’association étudiante, 79% des participants ont voté en faveur du changement de nom. 28% des étudiants admissibles (5856) ont voté lors de ce référendum non contraignant.

En annonçant les résultats du vote, lundi soir, l’exécutif de l’association promettait de continuer à faire pression sur l’université jusqu’à ce qu’elle «reconnaisse les torts» causés aux Autochtones par le nom «Redmen», et qu’elle corrige rapidement le tir.

Le référendum faisait suite à une campagne menée par des Autochtones qui étudient ou travaillent à l’Université McGill et qui souhaitent que ce nom, qu’ils jugent péjoratif, disparaisse du vocabulaire entourant les équipes sportives.

Le nom «Redmen», qui s’écrivait à l’origine «Red Men», remonte aux années 1920. L’université soutient que ce nom fait référence aux uniformes rouges de l’équipe — et constitue peut-être aussi un rappel des origines celtiques du fondateur de l’université, James McGill.

«Dans l’Antiquité, les Celtes étaient connus sous le nom d' »hommes rouges » à cause de leurs cheveux roux», expliquait jadis l’historien officiel de McGill, Frank Frost, cité sur le site internet des équipes sportives de McGill. «Nos sportifs se sont sans aucun doute appelés « hommes rouges » pour rendre hommage aux origines écossaises de James McGill.»

Par contre, cet hommage aux hommes roux a pris un sens différent dans les années 1950: les athlètes de McGill, par glissement de sens, ont commencé à être surnommés les «Indiens» ou les «Squaws». Dans les années 1980, plusieurs équipes de McGill ont même utilisé un logo stylisé arborant un Autochtone portant une coiffe à plumes.

Tomas Jirousek, commissaire aux affaires autochtones à l’association étudiante — et membre de l’équipe d’aviron de McGill —, a expliqué avant le référendum pourquoi le nom «Redmen» était blessant pour les Autochtones comme lui. «Les étudiants et athlètes autochtones se sentent isolés au sein des équipes de McGill, et les étudiants autochtones se sentent isolés au sein de McGill en général.» L’exécutif de l’association étudiante estimait qu’en conservant le nom, on perpétuerait un «comportement oppressif et raciste» à l’égard des Autochtones.

Il a été impossible d’obtenir mardi une réaction de la direction de McGill. Dans un message adressé à la communauté universitaire le 24 octobre, le vice-principal Christopher Manfredi reconnaissait les sentiments de ceux qui considèrent le nom comme péjoratif, mais aussi l’avis de ceux qui sont fiers des réalisations passées des «Redmen».

«Dans ce cas particulier, toute décision doit découler d’un processus qui engage toutes les parties prenantes dans un dialogue», indiquait-il prudemment. M. Manfredi ajoutait qu’un groupe de travail aborderait la question du nom des «Redmen» dans son rapport final, qui doit être déposé le mois prochain. L’université s’appuiera sur ce rapport pour guider sa décision, a-t-il promis.

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