Hasan Jamali Hasan Jamali / The Associated Press

WASHINGTON — Le conseiller à la sécurité nationale du président Donald Trump a déclaré mardi que les personnes ayant écouté l’enregistrement du meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi ne pensent pas que ces bandes sonores suggèrent que le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane y a joué un rôle.

Lors d’un sommet à Singapour, John Bolton a soutenu devant les journalistes que les hauts responsables qui ont entendu l’enregistrement n’étaient pas arrivés à cette conclusion. Le conseiller à la sécurité nationale a précisé ne pas avoir lui-même entendu l’enregistrement en question.

Le premier ministre Justin Trudeau a été le premier dirigeant occidental, lundi, à admettre que des responsables canadiens du renseignement avaient entendu l’enregistrement fourni par la Turquie.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que des enregistrements audio de l’assassinat de Jamal Khashoggi, un chroniqueur du «Washington Post» critique de la famille royale saoudienne, avaient été relayés à l’Arabie saoudite et à d’autres pays, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et le Canada.

M. Bolton a affirmé mardi que le président Trump voulait connaître la vérité sur ce qui s’est passé au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, où M. Khashoggi a été tué le 2 octobre.

Des responsables turcs ont affirmé que M. Khashoggi avait été assassiné par une brigade envoyée de Riyad et ont soutenu que les ordres venaient des plus hauts niveaux du gouvernement saoudien, mais pas du roi Salmane. Des responsables turcs ont affirmé qu’un «commando saoudien» composé de 15 membres avait étranglé et démembré le journaliste au consulat. Son corps n’a pas été retrouvé.

«L’enregistrement est vraiment atroce», selon M. Erdogan, cité dans le journal progouvernemental turc «Yeni Safak». «En fait, quand le responsable du renseignement saoudien a écouté l’enregistrement, il a été tellement choqué qu’il a déclaré: « Celui-là prenait probablement de l’héroïne. Seul quelqu’un qui prend de l’héroïne peut agir de la sorte. »»

Un peu plus tôt cette semaine, le «New York Times» a rapporté que peu de temps après la mort de M. Khashoggi, un membre présumé du commando — un homme supposé être Maher Abdulaziz Mutreb — avait demandé à un supérieur par téléphone de «le dire à (son) patron». Le journal cite trois individus anonymes au fait de l’enregistrement audio disant que des agents des services de renseignement turcs avaient déclaré à des responsables américains qu’ils croyaient que M. Mutreb, un officier de sécurité qui voyageait fréquemment avec le prince héritier, parlait au téléphone avec l’un des conseillers du prince.

L’enregistrement entendu par le SCRS

Lundi, à Paris, M. Trudeau a déclaré qu’il n’avait pas personnellement entendu l’enregistrement, bien qu’il ait été informé de son contenu. Le directeur du Service canadien du renseignement de sécurité, David Vigneault, s’est rendu en Turquie à la demande du premier ministre et a entendu l’enregistrement.

«Le Canada a été pleinement informé de ce que la Turquie avait à partager», a dit M. Trudeau lors d’une conférence de presse à l’ambassade du Canada à Paris.

Il a ajouté qu’il avait abordé le sujet lors d’un récent appel téléphonique avec le président Erdogan, ainsi que brièvement lors de leur rencontre du week-end à Paris.

L’assassinat du journaliste a fait l’objet de nombreuses condamnations, y compris de la part de M. Trudeau lui-même, mais le premier ministre n’a pas expliqué en quoi les enregistrements avaient influencé ses réflexions sur les répercussions de cette affaire pour les Saoudiens.

«Nous continuons de collaborer avec nos alliés dans le cadre de l’enquête sur la responsabilité du meurtre de Jamal Khashoggi, et nous discutons actuellement avec nos alliés aux vues similaires en ce qui concerne les prochaines étapes avec l’Arabie saoudite», a-t-il déclaré.

L’Arabie saoudite a maintenu pendant des semaines que M. Khashoggi était disparu après être reparti du consulat, avant de finalement annoncer qu’il était mort à la suite d’une bagarre.

Par la suite, l’Arabie saoudite a reconnu que les éléments de preuve présentés par la Turquie indiquaient que le meurtre de M. Khashoggi avait été prémédité, modifiant ainsi son explication dans une apparente tentative d’apaiser l’indignation internationale suscitée par la mort du journaliste.

Des responsables saoudiens ont ensuite affirmé qu’il s’agissait d’une opération clandestine menée par des agents saoudiens qui auraient outrepassé leurs pouvoirs.

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