Petros Giannakouris/AP

MONTRÉAL — Les parents ne devraient pas trop s’inquiéter si leur bébé ne fait pas encore ses nuits à six mois, ni même à un an: une nouvelle étude n’a relevé aucun lien entre cette situation et l’apparition de troubles de développement mental et psychomoteur.

Même si les attentes des parents sont grandes — tout comme leur propre désir de dormir — les auteurs de l’étude ont constaté qu’une grande proportion des nourrissons en bonne santé n’avaient pas atteint ce jalon tant recherché. Car les parents entendent souvent ce moment-clé: à six mois, les bébés devraient dormir sans se réveiller la nuit.

Or, c’est loin d’être le cas de tous les bébés, souligne la chercheuse principale de l’étude, Dre Marie-Hélène Pennestri.

«S’il y avait un seul message que je pouvais envoyer aux parents, ce serait exactement ça: de cesser de s’inquiéter», a indiqué en entrevue téléphonique la chercheuse du Département de psychopédagogie et de psychologie du counseling de l’Université McGill et de la Clinique du sommeil à l’Hôpital en santé mentale Rivière-des-Prairies

Les parents ne doivent pas penser: «qu’est-ce que je fais qui n’est pas correct et pourquoi mon bébé n’est pas comme les autres?», croit-elle. Il s’agit d’un processus développemental, qui prend un certain temps, et les parents doivent savoir qu’ils ne sont pas les seuls dans cette situation.

Par exemple, la recherche a mis en lumière ces chiffres: à 12 mois, 28 pour cent des bébés ne dormaient pas six heures continues et 43 pour cent ne dormaient pas huit heures consécutives.

Mais il y a une nuance importante à faire, souligne-t-elle toutefois, entre le fait de dormir suffisamment et le fait de dormir six ou huit heures dans un sommeil ininterrompu. «Car le sommeil, c’est excessivement important», insiste la chercheuse.

L’étude, à laquelle ont participé près de 400 nourrissons, a été réalisée par une équipe de recherche dirigée par l’Université McGill. Elle vient d’être publiée dans la revue «Pediatrics». Les participants provenaient de cliniques d’obstétrique de Montréal et de Hamilton, en Ontario.

Parmi d’autres constats, les chercheurs n’ont trouvé aucune corrélation entre le fait de «faire ses nuits» chez les nourrissons et l’état émotionnel des mères.

Les observations faites lors de l’étude indiquent qu’il pourrait être bénéfique de mieux informer les parents au sujet du développement normal – et de la grande variabilité – du cycle veille-sommeil du nourrisson, plutôt que de se concentrer uniquement sur les méthodes et les interventions, telles les méthodes comportementales de type «5-10-15», affirme-t-elle.

Pour évaluer le bien-être des mères, il faudrait évaluer dans une autre étape la durée totale du sommeil chez le nourrisson dans une journée, la présence de soutien et aussi la hauteur de leurs attentes par rapport au sommeil de leurs enfants.

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