Josie Desmarais

MONTRÉAL — Le Centre hospitalier universitaire de l’Université de Montréal et son institution d’enseignement ont annoncé, mercredi, la création de la toute première École d’intelligence artificielle en santé (ÉIAS) issue d’un milieu francophone.

Pour le Dr Fabrice Brunet, président et directeur général du CHUM, cela fait déjà plus de dix ans que l’hôpital universitaire intègre l’intelligence artificielle et les pratiques innovantes à ses opérations, mais il est temps d’aller plus loin.

Le Dr Brunet souligne que l’IA est déjà bien présente dans de nombreux aspects de la vie quotidienne liée à la santé. Il s’agit maintenant de s’assurer que les outils comme les montres intelligentes et bracelets qui mesurent l’activité physique ou enregistrent des données liées aux signes vitaux puissent être utilisés de manière bénéfique pour les patients et les professionnels de la santé.

Plusieurs de ces objets peuvent d’ailleurs déjà interagir avec des systèmes informatiques existants dans le réseau de la santé, que ce soit en cardiologie, gastro-entérologie ou chirurgie.

«L’intelligence artificielle dans le domaine de la santé s’est implantée progressivement sans qu’on s’en soit vraiment rendu compte, mais elle va permettre, si elle est bien maîtrisée, d’améliorer la performance des systèmes de santé», estime le PDG du CHUM.

Le Dr Fabrice Brunet insiste cependant sur le fait qu’il faut «accompagner le mouvement en éduquant l’ensemble des acteurs pour que l’on comprenne bien ce qu’est l’intelligence artificielle sous toutes ses formes». Une condition essentielle pour que l’usage de la technologie demeure bénéfique autant pour les patients que les professionnels de la santé.

L’École d’intelligence artificielle en santé embrasse d’ailleurs une vision très large de la santé et ne se consacre pas uniquement à la médecine. L’éducation, l’alimentation, l’urbanisme, le milieu de vie et les habitudes de vie doivent aussi être pris en compte.

Toutefois, il ne faut pas voir l’ÉIAS comme un grand laboratoire d’informaticiens, la démarche est d’utiliser les technologies qui sont développées par les instituts technologiques pour en déterminer les impacts.

«Nous ne sommes pas une école de sciences informatiques ou d’analyse et de développement d’algorithmes, prévient le Dr Brunet. Nous développons l’ensemble des éléments permettant d’utiliser la technologie d’IA pour le bien des patients, de la population et de tous les professionnels.»

Tout le système de santé québécois est appelé à participer à la démarche de l’ÉIAS, de même qu’une centaine d’hôpitaux académiques à travers le monde. «Ils partagent avec nous cette réflexion et peuvent constituer des lieux de connaissance, de développement, de recherche, d’enseignement et de lieux de stages pour nos étudiants», explique le PDG du CHUM.

Toutes les universités montréalaises, les écoles d’études supérieures comme HEC, Polytechnique et l’ETS ainsi que les cégeps sont aussi invitées à se joindre à la réflexion.

«Certains disent qu’il pourrait même s’agir d’un tsunami quand l’IA va réellement arriver dans notre secteur, alors nous avons mis en place cette école pour aller plus loin, pour mieux la comprendre et se l’approprier», résume le grand patron.

Pas moins de 80 projets utilisent déjà l’intelligence artificielle au CHUM sous différentes formes. «Ils vont devoir être accompagnés pour ne pas commettre d’erreurs et être sûrs que nous sommes dans une vision d’amélioration de notre performance et de la santé de la population», insiste le Dr Brunet qui invite tous les partenaires de la santé intéressés à la démarche à se manifester.

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