James West/La Presse canadienne Brian Gallant

FREDERICTON — L’ex-premier ministre du Nouveau-Brunswick Brian Gallant, qui cédera sa place à la tête du Parti libéral au cours des prochains mois, effectuera entretemps une tournée des régions afin de discuter de bilinguisme, un enjeu qui divise la seule province officiellement bilingue au pays.

M. Gallant a confirmé jeudi matin qu’il avait demandé au Parti libéral du Nouveau-Brunswick de tenir un congrès à la direction pour lui trouver un successeur. Il a toutefois indiqué qu’entre-temps, il demeurerait chef de l’opposition officielle et qu’il profiterait de cette période pour parler de bilinguisme, un peu comme il l’avait fait «en tant que premier ministre en 2016». M. Gallant demeure aussi pour l’instant député de sa circonscription de Baie-de-Shédiac—Dieppe.

En confirmant sa démission prochaine à la tête du parti, M. Gallant a déclaré «à tous les libéraux, et à ceux qui ont voté pour le Parti libéral: je suis désolé de ne pas avoir été capable de livrer un deuxième gouvernement majoritaire lors des dernières élections».

«Bien que nous n’ayons pas obtenu le résultat que l’on espérait le 24 septembre dernier, je suis fier du fait qu’en tant que chef, je laisse le parti en meilleure forme qu’il était à mon arrivée il y a six ans», s’est toutefois réjoui M. Gallant, avant de dresser le bilan de son passage à la tête du Parti libéral et du gouvernement.

Brian Gallant était devenu chef du parti en 2012 et premier ministre en 2014, à l’âge de 32 ans, mais les libéraux n’ont pu obtenir une majorité de sièges lors du scrutin du 24 septembre. Son gouvernement minoritaire a été renversé il y a deux semaines à l’Assemblée législative lors d’un vote de confiance sur le discours du Trône, et c’est le chef progressiste-conservateur, Blaine Higgs, qui a formé vendredi dernier un gouvernement minoritaire.

M. Gallant a expliqué jeudi qu’un congrès à la direction était nécessaire pour insuffler une nouvelle vie au parti et discuter du programme libéral, afin d’être prêt à reprendre le pouvoir le plus tôt possible — le gouvernement minoritaire conservateur pourrait être renversé avant le prochain scrutin, dans quatre ans.

Défendre le bilinguisme
Lors des élections du 24 septembre, l’électorat s’est beaucoup polarisé en fonction de la langue — les francophones du nord votant libéral, les anglophones du sud votant conservateur ou pour l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, un parti opposé au bilinguisme. Certains citoyens imputent la pénurie d’ambulanciers dans la province à l’exigence de bilinguisme lors de l’embauche.

Pendant que les libéraux seront occupés à se choisir un chef et à discuter du programme, l’ex-premier ministre Gallant souhaite donc mener une tournée afin de promouvoir le bilinguisme et de «renforcer l’unité de la province». Au cours des deux dernières semaines, M. Gallant a répété à plusieurs reprises qu’il n’avait pas fait assez, au cours de ses quatre années comme premier ministre, pour souligner les avantages du bilinguisme officiel dans la province et pour «dissiper certains mythes».

«En tant que chef de l’opposition, je vais travailler fort pour améliorer notre province», a-t-il promis jeudi. «Je pense qu’il faut avoir une conversation concernant le bilinguisme. Cette conversation peut renforcer notre détermination à devenir une province officiellement bilingue qui célèbre sa diversité, tant que la conversation est fondée sur des faits, et qu’elle est disposée à trouver un terrain d’entente, tout en comprenant que les droits de tous les citoyens et citoyennes doivent être respectés à tout moment.»

Le chef libéral démissionnaire souhaite ainsi «renforcer l’unité de la province, sensibiliser les citoyens sur les avantages du bilinguisme pour notre économie et notre tissu social, écouter les préoccupations de ceux qui perçoivent des effets négatifs du bilinguisme sur leur vie, et déboulonner certains mythes».

«Il y a des gens qui s’inquiètent de ce qu’ils perçoivent comme des torts subis à cause du bilinguisme, a-t-il soutenu en anglais. Il y a des gens qui veulent évidemment que leurs droits soient défendus. Je pense donc que nous pouvons trouver un terrain d’entente et que plus les gens seront au courant des faits, mieux ils seront informés pour tenir cette discussion que nous allons certainement avoir en tant que province.»

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