Collaboration spéciale Catherine Dorion

QUÉBEC — Aucune métaphore n’est trop forte ou trop crue aux yeux de Québec solidaire pour démoniser le projet de troisième lien entre Québec et Lévis.

La députée solidaire de Taschereau, Catherine Dorion, a fait une analogie audacieuse sur Facebook, jeudi, en comparant l’attrait pour ce projet de transport au fait de consommer une drogue dure, la cocaïne.

Loin de chercher à se dissocier des propos de sa collègue et de son niveau de langage, le co-porte-parole du parti, Gabriel Nadeau-Dubois, lui a donné aussitôt son absolution, prompt à juger sa sortie «rafraîchissante» et à saluer sa propension à fuir «la langue de bois».

Aux yeux de la députée, un projet d’autoroute «c’est un peu comme une ligne de coke: le monde se dit, tiens, je vais prendre ça, je vais être moins saoul, je vais avoir de l’énergie».

Mais l’un comme l’autre, consommateur de drogue dure ou usager d’une autoroute, déchante rapidement et cherche à renouveler l’expérience, selon elle.

«Une heure après, qu’est-ce qui arrive? Il faut une autre ligne de coke!», a illustré la députée, qui n’en est pas à sa première métaphore au goût discutable à propos de ce projet de troisième lien.

Selon la députée, qui dénonce la dépendance à l’automobile, il faut s’opposer énergiquement à ce projet, car il ne réglera pas le problème de congestion routière, tout en encourageant l’étalement urbain.

Sitôt construite, l’autoroute deviendra «jam-packed», rendant les automobilistes «en tabarnak dans le trafic», obligés qu’ils seront d’écouter à la radio «des émissions qui (vont les mettre) en tabarnak», observe la députée dans son message qui dure un peu plus de trois minutes.

«C’est de la marde!»
La semaine dernière, alors qu’elle était en Espagne, Mme Dorion avait préparé un autre message Facebook, dans lequel elle donnait la parole à des Européens s’exprimant à la québécoise sur le projet de transport controversé.

Un d’eux déclare: «le troisième lien, c’est de la marde!», un autre affirme: «le troisième lien, ça va être laite!».

La façon particulière de s’exprimer de la députée représente un modèle à suivre, selon le co-porte-parole de Québec solidaire, le député de Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois, qui lui-même a pourtant l’habitude de recourir au français standard.

Il voit dans ses métaphores «un peu osées» un ton «rafraîchissant», qui s’éloigne de la langue de bois des politiciens «ennuyants», tous semblables, «qui parlent comme des robots».

Ce style et ce niveau de langage vont «donner une nouvelle énergie à la politique québécoise», selon lui.

À ceux qui s’offusquent de voir un élu s’exprimer de la sorte publiquement, il sert une leçon d’ouverture à la différence.

«Dès qu’ils sortent un petit peu du langage formaté de la politique, les adversaires politiques et les médias sont très vite sur la gâchette à condamner ces personnes-là», a dit M. Nadeau-Dubois, lors d’un bref entretien.

«Tant mieux si Catherine utilise un langage différent. Tant mieux qu’elle sorte des sentiers battus», a-t-il ajouté.

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