JOHN WOODS / La Presse Canadienne

OTTAWA — Un nombre croissant de personnes demandant l’asile au Canada sont des ressortissants américains — surtout des enfants nés aux États-Unis d’immigrants qui n’ont pas eux-mêmes le statut de résident permanent dans ce pays.

En 2017, les personnes dont le pays d’origine a été identifié comme étant les États-Unis constituaient la troisième plus grande cohorte de demandeurs d’asile au Canada. Au total, 2550 demandes d’asile ont été déposées par des citoyens américains en 2017. Des statistiques gouvernementales partielles montrent que cette tendance s’est maintenue cette année aux points d’entrée frontaliers et intérieurs, alors que 1215 Américains ont demandé l’asile entre janvier et août.

Pour ce qui est des migrants irréguliers — entrés au Canada entre deux postes frontaliers officiels —, les États-Unis se classaient au deuxième rang, après le Nigéria, parmi les «pays de citoyenneté» entre janvier et juin.

«La majorité des citoyens américains demandeurs d’asile sont des mineurs, nés aux États-Unis, et dont les parents sont citoyens d’un autre pays», a déclaré Mathieu Genest, attaché de presse du ministre de l’Immigration, Ahmed Hussen. «Dans ces cas, les allégations de persécution visent le pays d’origine des parents, et non les États-Unis. Cependant, étant donné leur citoyenneté, ces enfants mineurs sont comptabilisés en tant que citoyens américains.»

Nombre d’entre eux vivent aux États-Unis depuis des années, en vertu d’un programme, mis en place dans les années 1990, qui offre un statut temporaire aux personnes originaires de pays qui ont subi les affres d’une guerre ou de catastrophes naturelles.

Plusieurs de ces migrants ont eu des enfants aux États-Unis, et ces enfants sont donc des citoyens américains, en vertu du droit du sol. Mais lorsque le président américain Donald Trump a annoncé, en 2017, son intention de mettre fin au programme de protection temporaire, le Canada a commencé à voir un afflux de migrants franchissant de façon irrégulière la frontière canado-américaine.

Des avocats canadiens de l’immigration ont constaté une augmentation du nombre de migrants sans statut permanent qui vivent aux États-Unis depuis des années — et qui ont eu des enfants nés aux États-Unis — venant chercher asile au Canada.

«Nous avons reçu beaucoup d’appels, notamment de la part d’Haïtiens vivant aux États-Unis et de certains groupes d’Asie du Sud», a déclaré Zohra Safi, avocate spécialisée en droit de l’immigration à Toronto. «Ils éprouvent un sentiment d’insécurité car beaucoup de réfugiés qui ont été acceptés (temporairement aux États-Unis) sont inquiets: leur statut, déjà précaire, est en train d’être révoqué.»

Me Safi soutient qu’elle déconseille à ces personnes de demander le statut de réfugié au Canada, car il est peu probable qu’elles l’obtiennent. Mais Arghavan Gerami, avocat en droit de l’immigration à Ottawa, affirme que l’évolution du paysage politique aux États-Unis pourrait être un motif suffisant pour les migrants qui craignent d’être persécutés et qui risquent d’être expulsés des États-Unis.

«Ce sont de nouveaux arguments qui peuvent être plaidés dans une demande de statut de réfugié au Canada, et qui pourraient bien être uniques et créer un précédent dans certains cas.»

Le président Trump a publiquement évoqué récemment sa volonté d’abolir le principe du droit du sol.

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