Adrian Wyld / La Presse Canadienne Justin Trudeau

PORT MORESBY, Papouasie-Nouvelle-Guinée — En se rendant au sommet des dirigeants de l’APEC, en fin de semaine, Justin Trudeau aura la chance d’apaiser des irritants chez certains des principaux partenaires commerciaux du Canada du pourtour du Pacifique, après le sommet du Vietnam, l’an dernier.

Le premier ministre rencontrera notamment en fin de semaine, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, ses homologues australien et japonais, encore blessés, et il aura aussi l’occasion de croiser les dirigeants des 21 pays dans les couloirs du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC).

Des observateurs estiment que le Japon, l’Australie et les autres signataires de l’accord commercial entre 11 pays riverains du Pacifique sont toujours mécontents de la manière dont M. Trudeau avait ignoré une réunion clé, l’an dernier, au cours de laquelle le groupe devait se mettre d’accord sur un texte final.

Un accord a quand même été conclu — l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste —, ce qui indique, selon les libéraux, que tout va bien entre les partenaires. Mais certains observateurs n’en sont pas si sûrs.

«Je crois toujours que ce sommet de l’APEC permettra surtout de réparer les pots cassés du dernier sommet — le Canada s’était presque retiré (de l’entente), les Japonais sont irrités et les Australiens nous maudissent, a estimé Carlo Dade, expert à la Canada West Foundation. Alors, je pense qu’il faut encore raccommoder un peu ces relations.»

Le Canada est quand même devenu l’un des six premiers pays à ratifier l’accord par la voie législative, ce qui devrait plaider en sa faveur, estime M. Dade.

M. Trudeau est arrivé vendredi soir à Port Moresby, capitale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, un pays insulaire situé au nord de l’Australie.

Pékin et Washington

Nul doute que les relations économiques entre les deux plus grandes économies du monde, les États-Unis et la Chine, vont planer sur ce sommet de l’APEC, qui s’ouvre samedi.

Le vice-président américain, Mike Pence, qui assistera au sommet à la place du président Donald Trump, devrait obliger les partenaires de l’APEC à choisir leur camp; la Chine, de son côté, voudra utiliser ce sommet pour étendre son influence aux plus petits pays insulaires du Pacifique. Interrogé à ce sujet jeudi, à Singapour, M. Trudeau a simplement indiqué qu’il attendait avec impatience ce que M. Pence avait à dire.

Le sénateur Yuen Pau Woo, qui a été directeur de la Fondation Asie Pacifique du Canada, croit que la division entre les deux principaux partenaires de l’APEC représente une menace existentielle pour cette zone commerciale. Sans les États-Unis, il faudra bien une voix nord-américaine pour défendre le commerce dans la zone Pacifique, estime le sénateur indépendant.

«Le Canada est le seul pays capable d’assumer ce rôle de leader, et je pense qu’il serait important que le premier ministre assume une partie de cette responsabilité, croit M. Woo. Il n’y a pas d’autre joueur dans les Amériques qui, à l’heure actuelle, ait la volonté ou les moyens d’être un champion (du commerce) dans la région Asie-Pacifique.»

Patrick Leblond, chercheur au Centre pour l’innovation dans la gouvernance internationale, croit que des pays comme le Japon veulent savoir si le Canada est prêt à s’impliquer davantage dans la région Asie-Pacifique afin de contrecarrer l’influence croissante de la Chine.

«Ils veulent que le Canada soit un partenaire capable de faire face aux pressions commerciales exercées par les Chinois, et maintenant aussi par les Américains.»

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