Plusieurs signaux lancés cette semaine indiquent que le Québec est bien positionné dans le secteur de l’économie verte. Métro vous en donne un aperçu.

Bien placé
Grâce notamment à son hydroélectricité, le Québec pourrait se tailler une part intéressante des 26 000 G$ d’investissements mondiaux qui seront nécessaires pour assurer la transition énergétique dans le monde d’ici 2030.

C’est ce qui ressort d’un rapport intitulé Un Québec sobre en carbone – des débouchés pour les entreprises du Québec, publié mardi par l’Institut du Québec.

«Le Québec a une production électrique sobre en carbone et renouvelable à 99,9 %. Il produit ainsi des biens et des services qui peuvent répondre aux désirs de réduction de l’empreinte carbone de certaines industries et entreprises internationales», écrit le coauteur de l’étude, Jean-Guy Côté.

«Le cas échéant, les entreprises du Québec deviendraient « nettes positives »», poursuit-il. Par exemple, quand Hydro-Québec exporte de l’hydroélectricité qui sert à la climatisation des maisons au Massachusetts autrefois climatisées au moyen d’électricité produite par le gaz naturel. Les exportations d’Hydro-Québec sont alors nettes positives.»

L’étude évoque aussi des opportunités dans les secteurs très gourmands en énergie, tels que les alumineries ou les centres d’hébergement des serveurs. Les entreprises étrangères de ces secteurs pourraient être intéressées à acheter des produits québécois, voire à investir ici, pour améliorer leur empreinte carbone ou éviter de payer des pénalités dans le cadre de marchés de tarification du carbone, qui se mettent en place dans plusieurs pays.

Aider les États-Unis
L’entreprise Biothermica illustre bien le concept d’entreprise « nette positive »  En aidant une mine américaine de charbon à réduire ses émissions de méthane, l’entreprise québécoise se retrouvera peut-être indirectement à permettre à Québec d’atteindre ses objectifs de Kyoto.

Les mines de charbon sont de gros émetteurs de méthane et doivent être aérées en permanence pour éviter le fameux coup de grisou, qui fait encore plus de 30 morts chaque année dans certains pays. Biothermica a annoncé cette semaine des investissements de 15M$ pour récupérer l’air de ventilation chargé en méthane et le brûler pour le transformer en carbone, qui est 25 moins nocif pour le climat.

«Même si c’est onéreux à opérer, on espère un retour sur investissement au bout de cinq ans», indique Guy Drouin, fondateur de Biothermica. Les gains environnementaux sont évalués à 530 000 tonnes de CO2 par an, soit l’équivalent de 130 000 voitures en moins sur les routes.

Si ce projet est rentable, c’est grâce à la participation du Québec à la bourse du carbone. «Au taux actuel de 18$ par tonne de carbone, je peux aller chercher avec ce projet 100M$ de crédits entre 2020 et 2030», indique M. Drouin.

Indirectement Biothermica se trouvera à contribuer au comblement du bilan environnemental du Québec. En effet, le gouvernement devra d’ici quelques années acheter aux États-Unis des crédits d’émissions pour finalement atteindre son objectif de réduction de 37,5% de ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2030.

Cela totaliserait environ 10 millions de crédits compensatoires par année. Les crédits obtenus dans le cadre du projet de Biothermica représenteront alors 5% de ce total et permettront alors de rémunérer une entreprise québécoise plutôt qu’étrangère.

Déchets énergisants
Actuellement, Énergir (anciennement Gaz Métro) importe principalement son gaz d’Ontario et de l’Ouest canadien. Ce dernier est un gros producteur de gaz de schiste.

Le gaz issu de sources renouvelables représente moins de 1% de ce qui est injecté dans le réseau. Il s’agit notamment de gaz issu de projets de captation de méthane dans des dépotoirs ou du gaz naturel renouvelable produit par l’usine de biométhanisation de Saint-Hyacinthe, l’une des deux en service au Québec actuellement.

«La situation est appelée à changer rapidement» précise Martin Imbeau, le vice-président principal  chez Énergir. Les projets de valorisation des résidus domestiques, agricoles et forestiers devant se concrétiser d’ici 2030, ont le potentiel pour combler 12% du gaz distribué par Énergir.

C’est ce qui ressort d’une étude commandée par l’entreprise et diffusée mardi, qui indique aussi que si le Québec optimisait totalement ce type de ressource renouvelable, ce serait suffisant pour combler 66% de ses besoins en gaz à l’horizon de 2030.

Les 7,2 millions de tonnes de gaz à effet de serre qui pourraient alors être évités annuellement équivaudraient à retirer, 1,5 million de voitures des routes, mentionne l’étude. Les auteurs soulignent que si le transport lourd au diesel migrait massivement vers ce type de carburant, les gains seraient encore plus élevés.

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