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OTTAWA — Un comité formé de députés de tous les partis fédéraux a organisé cette semaine une réunion à huis clos avec une délégation de politiciens et de diplomates chinois, avant de l’annuler brusquement mercredi.

Un ancien ambassadeur du Canada en Chine a soutenu que la réunion était d’emblée une mauvaise idée, car le fait de la tenir à huis clos était une occasion manquée pour le Canada de montrer à Pékin le fonctionnement d’une réelle démocratie.

La réunion a été annulée un jour après que le nouveau directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) eut déclaré à un public de gens d’affaires que l’ingérence d’États hostiles constituait désormais une menace plus grande que le terrorisme pour la sécurité nationale du Canada.

Le Comité des affaires étrangères de la Chambre des communes avait prévu de se réunir à huis clos pendant une heure jeudi avec Lu Shaye, ambassadeur de Pékin au Canada, et quatre membres en visite de l’Assemblée populaire nationale (APN) de Chine.

L’APN est l’assemblée législative de la Chine, composée de près de 3000 députés.

William Spotton, un porte-parole du président du comité Michael Levitt, un libéral de Toronto, a indiqué mercredi que «les Chinois ont annulé cette réunion pour demain (jeudi)», mais il a dit en ignorer la raison. Quand on lui a demandé pourquoi la réunion avait été prévue à huis clos, il a poursuivi dans la même veine: «Ils ont annulé, donc il n’y a rien vraiment à commenter.»

David Mulroney, ancien ambassadeur du Canada en Chine et ex-conseiller en matière de sécurité nationale, a dit croire qu’il s’agissait d’emblée d’une décision «stupide» de la part des députés fédéraux d’accepter une réunion à huis clos avec la délégation chinoise.

«Je trouve cela surprenant et malheureux», a dit M. Mulroney.

Le Canada et la Chine ont vécu des tensions diplomatiques le mois dernier lorsque le ministre des Affaires étrangères à Pékin a reproché à l’ambassadeur du Canada d’avoir dirigé un mouvement de critiques sous la forme de lettres avec 14 autres envoyés en Chine. Ils ont exprimé leur inquiétude face à l’emprisonnement de centaines de milliers de membres de minorités musulmanes dans des camps de rééducation dans la région nord-ouest du Xinjiang.

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