Themba Hadebe / The Associated Press

OTTAWA — Trois partis fédéraux appellent à la tenue d’un sommet des chefs en janvier pour lutter contre les changements climatiques.

Le Nouveau Parti démocratique, le Bloc québécois et le Parti vert invitent le premier ministre Justin Trudeau et le chef conservateur Andrew Scheer à mettre la partisanerie de côté pour trouver de réelles solutions face au réchauffement de la planète.

Les deux chefs ont régulièrement des prises de bec lors de la période des questions sur l’imposition par le gouvernement d’une taxe fédérale sur le carbone aux provinces qui n’ont pas de plan adéquat pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Les conservateurs estiment que cette taxe nuit à l’économie.

«C’est à nous de prendre les décisions, a affirmé le député néo-démocrate Pierre Nantel en conférence de presse. C’est à nous de pouvoir dire que nous avons tout tenté pour régler la situation.»

Il a lancé cette initiative après son cri du coeur publié il y a un peu plus d’une semaine.

Dans une lettre ouverte, il appelait alors tous les partis à faire un «effort de guerre» «pour notre survie collective» en comparant ce projet au cabinet de guerre du gouvernement britannique durant la Première et la Deuxième Guerre mondiale.

Il proposait la nomination d’un ministre de la Guerre au réchauffement climatique sans affiliation politique «qui ferait respecter nos cibles de réduction des gaz à effet de serre (GES) et la stratégie à long terme pour y arriver».

M. Nantel dit avoir approché MM. Trudeau et Scheer le 26 novembre, jour de la publication de sa lettre, mais sa demande est restée sans réponse jusqu’à maintenant. Ni les libéraux ni les conservateurs n’ont confirmé cette information. Selon le chef de cabinet d’Andrew Scheer, aucune invitation formelle n’a été reçue.

«On est capable de faire ça pour l’économie, on est capable de faire ça pour le libre-échange avec les États-Unis, je pense qu’on le doit à tout le monde (…), on se doit de travailler tout le monde ensemble», a souligné Pierre Nantel.

Le député néo-démocrate a rappelé comment les élus s’étaient ralliés derrière Justin Trudeau après les insultes lancées sur Twitter par le président américain Donald Trump après le G7 à La Malbaie en juin.

«Scheer ne comprend pas»

Cette initiative non partisane n’a pas empêché la chef du Parti vert, Elizabeth May, de mettre en doute la crédibilité du chef conservateur.

«Je ne crois pas qu’Andrew Scheer comprenne l’enjeu du climat, c’est clair, a-t-elle dit. Il n’est pas suffisamment informé pour prendre ses responsabilités de parlementaire.»

Elle propose que les élus aient des séances de breffage obligatoire sur la science des changements climatiques pour qu’ils comprennent réellement les implications pour les générations futures.

«Je pense que tous les partis admettent qu’il y a un problème, qu’il y a une urgence», a affirmé, plus conciliant, le chef intérimaire du Bloc québécois, Mario Beaulieu.

«Alors, il faut commencer par faire ça, se rencontrer, et chaque parti peut partir d’un point de départ, mais il faut progresser. On n’a plus le temps d’attendre. C’est une situation de guerre. La question des changements climatiques, c’est le dossier le plus important parce que c’est l’avenir de la planète qui est en jeu.»

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations unies (GIEC) a signalé en octobre que la météo, la santé et les écosystèmes de la planète seraient en meilleur état si les dirigeants du monde pouvaient limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius plutôt qu’à 2 degrés Celsius, comme le prévoit l’accord de Paris.

À 2 degrés Celsius, le rapport indique que la fonte des glaces en mer, les sécheresses, les famines et les inondations seraient beaucoup plus accentuées qu’à 1,5 degré Celsius.

Un mois plus tard, 500 personnalités appelaient les Québécois à poser des gestes concrets dans leur quotidien pour éviter un désastre écologique.

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