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Alors que s’ouvre vendredi la rencontre des premiers ministres canadiens, une alliance de gens d’affaires et de groupes environnementaux exhorte les gouvernements provinciaux de s’entendre sur la taxe carbone.

Le Conseil du patronat, le Mouvement Desjardins, l’Association de l’aluminium du Canada et Énergir, de même que la Fondation David Suzuki, Équiterre et l’Insitut Pembina sont au nombre des organisations qui pousseront vendredi les premiers ministres à agir dans la lutte contre les changements climatiques et à adhérer à la taxe carbone.

«On est en train de se chamailler entre provinces qui ne veulent pas agir et d’autres qui ont déjà fait des gestes importants, a déploré jeudi le coprésident de l’Alliance Switch et directeur général pour le Québec et l’Atlantique de la Fondation David Suzuki, Karel Mayrand. On se retrouve paralysé par une polarisation, et on perd de précieuses années qui vont être très couteuses.»

Avant même la réunion des premiers ministres ne commencent, la ministre canadienne de l’Environnement, Catherine McKenna, a affirmé à Radio-Canada s’attendre à des «chicanes», lors de cette rencontre. Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a menacé jeudi de boycotter la rencontre si la taxe carbone n’était pas au programme vendredi. Comme ses homologues de la Saskatchewan du Nouveau-Brunswick et du Manitoba, il s’oppose à l’instauration de charges fiscales sur la pollution.

C’est justement ce climat de tension que veulent éviter les groupes environnementaux et les gens d’affaires. Ils souhaitent que les dirigeants politique en arrive à un consensus sur les mesures à mettre en œuvre pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Ottawa souhaite que toutes les provinces se dotent d’un plan pour facturer les émissions de carbone. Si elles ne l’ont pas fait le 1er janvier 2019, le fédéral imposera son propre plan aux provinces. Le Québec a mis en place une bourse du carbone en 2013, partagé avec la Californie et l’Ontario, avant que la province voisine ne la quitte, à la suite de l’élection de Doug Ford cet été.

«La transition vers l’économie verte s’accélère et est inévitable, a dit M. Mayrand. On sait que les technologies de transport, d’électrification, des piles, des énergies renouvelables, tout ça domine de façon très importante et on sait qu’il va y avoir un basculement dans les prochaines décennies vers l’électrification.»

Pour le président-directeur général du conseil patronal du Québec (CPQ), Yves-Thomas Dorval, l’économie verte ne doit pas être déconnectée du principe de l’offre et de la demande, et les gouvernements ont un rôle à jouer pour accompagner les entreprises dans cette transition, autant pour favoriser l’offre que pour encourager la demande.

«On est en période de transition, a plaidé M. Dorval. Il ne faut pas penser que les investissements vont avoir un retour rapide. Donc, il faut être en mesure d’accompagner et d’aider les entreprises par des investissements publics pour leur permettre de satisfaire la demande et de réduire les risques financiers»

Le président du CPQ a pris pour exemple l’industrie des voitures électriques, qui peine aujourd’hui à toucher un large public.

Le modèle de capitalisme qui prévaut présentement n’est pas une solution à la crise des changements climatiques, a ajouté le chercheur spécialisé en environnement à l’Institut de recherche et d’information socio-économique (IRIS), Bertrand Schepper.

«Nous sommes dans une économie capitaliste qui cherche à augmenter ses profits alors que la planète a des ressources naturelles limitées. Le capitalisme, laissé à lui-même, ne sera pas capable de résoudre les problèmes environnementaux», a-t-il tempéré.

Pour lui, la croissance, basée sur le produit intérieur brut (PIB), n’a plus de sens dans le contexte actuel puisqu’elle indique l’ampleur des échanges économique et non leur impact sur la planète.

«Le PIB et la crise climatique ne vont pas ensemble», a-t-il insisté.

 

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