Jason Franson/La Presse canadienne

OTTAWA — Le gouvernement canadien est pressé de combler un vide en matière de leadership en environnement au moment où les pays concernés tentent de déterminer comment ils vont se tenir eux-mêmes imputables de la mise en œuvre de l’accord de Paris sur le climat.

Les dirigeants politiques de la plupart des pays signataires se trouvent dans la petite ville minière de Katowice, dans le sud de la Pologne, à l’occasion de la 24e Conférence des parties sur les changements climatiques (COP24). La réglementation entourant la mise en oeuvre de l’accord de Paris devrait y être finalisée.

Avec les États-Unis qui s’apprêtent à se retirer de l’accord de Paris, un pays hôte très peu enthousiaste à son sujet, et les plus grandes puissances européennes distraites par des événements nationaux comme la crise du Brexit et les émeutes contre une taxe sur le carburant en France, le Canada est poussé à jouer un rôle de meneur tandis que d’autres pays ne peuvent le faire ou sont réticents à le faire.

Les règles décidées à Katowice doivent tout régir, du fonctionnement des marchés du carbone, à ce que chaque pays doit faire pour rendre compte de ses propres réductions d’émissions, en passant par la manière d’aider à financer la décarbonisation des pays en développement.

Les pays sont également sous pression pour rehausser les cibles de réduction de leurs émissions, après que le Groupe d’experts intergouvernemental sur les changements climatiques de l’ONU a annoncé plus tôt cet automne que les objectifs mondiaux devaient être considérablement plus élevés si le monde veut éviter un ralentissement du réchauffement planétaire catastrophique.

Catherine Abreu, directrice générale du Réseau action climat Canada, a déclaré, qu’en ce moment, le seul pays développé à lutter réellement pour des réductions plus sévères des émissions est la Nouvelle-Zélande.

«Ils ont besoin d’aide», a-t-elle dit.

D’autres pays sont conscients que le Canada peine à atteindre ses propres objectifs, que le gouvernement libéral est soumis à des pressions juridiques et politiques en raison de son plan d’une taxe sur le carbone, et que le Canada continue d’appuyer des projets gaziers et pétroliers.

Certains responsables soutiennent que le Canada est bon pour parler, mais pas pour agir.

La ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, avait déclaré à La Presse canadienne la semaine dernière que le Canada sera prêt — conformément à l’accord de Paris — à accentuer ses objectifs de réduction des émissions en 2020. Il s’agit d’une rupture avec la précédente ligne de conduite selon laquelle Mme McKenna n’avait pas l’intention d’augmenter les cibles canadiennes avant la mise en place de politiques pour atteindre celles déjà énoncées.

La dirigeante du Réseau action climat Canada était ravie du changement de ton. Elle a toutefois ajouté qu’elle serait encore plus heureuse si la ministre McKenna le répétait à Katowice, ce qu’elle n’a pas fait jusqu’ici.

Catherine Abreu a indiqué que des extraits du projet élaboré par les autorités au cours de la semaine dernière ont été publiés mercredi. Elle dit que les politiciens doivent maintenant faire le gros du travail pour surmonter certains obstacles importants.

Reconnaître l’ampleur du défi pourrait en être la première étape.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’est rendu mercredi en Pologne dans le but de raviver le sentiment d’urgence des dirigeants politiques.

«Nous manquons de temps», a-t-il déclaré à la réunion de mercredi. «Gâcher cette occasion compromettrait notre dernière meilleure chance de stopper les changements climatiques incontrôlables. Ce ne serait pas seulement immoral, ce serait suicidaire.»

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