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Les Québécoises seraient plus à risque d’une grossesse non planifiée, car elles connaissent moins bien les méthodes contraceptives que les autres Canadiennes, expose un récent sondage. Des experts mettent notamment en cause l’éducation à la sexualité dans les écoles de la province.

Au Québec, la moitié des grossesses sont non planifiées et 30% d’entre elles se soldent par une interruption volontaire, rapporte l’Association des obstétriciens et gynécologues de la province.

Un sondage portant sur les stérilets, réalisé par la firme Léger pour le compte de Bayer, démontre que les femmes québécoises connaissent moins bien les méthodes contraceptives que leurs concitoyennes canadiennes, ce qui augmente leur risque de grossesse non planifiée.

À titre d’exemple, près de 70% des Québécoises pensent que la pilule est plus efficace que le stérilet comme moyen de contraception, contre 58% pour les Canadiennes. Or, selon la Société des obstétriciens et des gynécologues du Canada, c’est le stérilet qui prévient le mieux les grossesses (au-delà de 99% d’efficacité).

Pourquoi cette différence entre le Québec et le reste du pays? Julie Poirier, infirmière depuis plus de 20 ans, croit que l’argent est un facteur. «Si on prend l’exemple de l’Ontario, il y a des mesures pour que toutes les femmes aient accès à la contraception, relate-t-elle. Ici, on a des mesures, mais il reste des frais à débourser.»

Selon l’infirmière du Centre médical de la Nouvelle-Beauce, le fait que plusieurs s’informent sur l’internet, où les données peuvent être erronées, pèse aussi dans la balance.

L’obstétricien-gynécologue de l’hôpital LaSalle Marc-Yvon Arsenault abonde dans le même sens. «Les femmes arrivent parfois dans mon bureau avec des idées préconçues à propos des effets secondaires ou de la douleur, notamment. Ces mythes restent difficiles à briser même en 2018», confie celui qui a été surpris par les résultats du sondage.

Les Québécoises sont peut-être mal informées, mais les hommes ont également leur part de responsabilité, souligne la responsable des communications à la Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN), Mariane Labrecque.

«C’est comme si on mettait toute la responsabilité sur le dos des femmes et qu’on sous-entendait que ces grossesses non planifiées sont uniquement de leur faute.»

«[Les hommes] pourraient gérer leurs spermatozoïdes, ajoute Mme Labrecque, en riant. Plus sérieusement, eux aussi sont mal informés. Les grossesses non planifiées, ça arrive parce qu’il y a un rapport entre deux personnes. Cette charge mentale devrait être partagée.»

Éducation sexuelle nécessaire
Les trois intervenants interrogés par Métro sont d’accord pour dire que l’absence de cours d’éducation sexuelle pendant plusieurs années au Québec a probablement eu son rôle à jouer.

«Il y a certainement un lien à faire entre les chiffres du sondage et [l’absence] d’éducation à la sexualité, qu’on essaie de remettre en place de façon chaotique, note Mme Labrecque. Ça démontre d’autant plus l’importance d’avoir une éducation adéquate et bien mise en place pour prévenir ces grossesses non planifiées.»

Afin de s’assurer que le retour de l’éducation à la sexualité ne soit pas «un rendez-vous manqué», la FQPN a récemment fait parvenir une lettre à ce sujet au nouveau ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, au nom de la Coalition pour l’éducation à la sexualité, qui réunit 90 groupes communautaires régionaux et provinciaux.

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