Andrew Vaughan Alison Redford. Andrew Vaughan / La Presse Canadienne

EDMONTON – La première ministre albertaine, Alison Redford, a nié avoir utilisé son ancien poste en tant que ministre de la Justice afin que la firme pour laquelle travaillait son ancien mari gère une poursuite de 10 milliards $ contre des compagnies de l’industrie du tabac.

Mme Redford a admis avoir rédigé une note en 2010 recommandant que le mandat soit donné à un consortium de firme d’avocats, incluant celle pour laquelle travaillait son ancien mari, Robert Hawkes.

Elle a indiqué à la législature, lors de la période de questions, que cette note représentait simplement ses pensées à l’époque et que la décision finale afin d’y aller avec ce consortium avait été prise par Verlyn Olson, qui l’a remplacée au ministère quand elle a quitté ses fonctions en 2011 afin de se présenter à la chefferie du Parti conservateur.

«Cette note représentait vraiment ce qui devait être considéré», a dit Mme Redford.

«Quatre mois plus tard, quand je n’étais pas ministre de la Justice, le gouvernement de l’Alberta, je suppose, a considéré les mêmes facteurs et c’est pour cette raison que cette décision a été prise.»

La chef du Parti Wildrose, Danielle Smith, et le chef du NPD, Brian Mason, ont déclaré que même en faisant abstraction du résultat, Mme Redford a fait part d’un manque de jugement en offrant son opinion dans un contrat qui aurait pu bénéficier son ancien mari.

M. Hawkes est resté près de Mme Redford au niveau professionnel en tant que conseiller et était le chef de son équipe de transition quand elle est devenue première ministre à l’automne 2011.

«Vous n’avez pas réalisé que c’était inapproprié pour vous d’être impliquée dans une décision qui aurait un impact financier majeur pour votre ancien mari?» a demandé M. Mason à Mme Redford.

Mme Redford, elle-même une avocate, est restée assise sur les bancs afin de répondre aux questions des Wildrose et de M. Mason en plus de renvoyer certaines questions à Jonathan Denis, qui est présentement ministre de la Justice.

Mais quand un porte-parole des Wildrose, Rob Anderson, qui est aussi avocat, a sous-entendu que les actions de Mme Redford violaient ses obligations envers la profession judiciaire et qu’il était impossible de porter plainte contre Mme Redford puisque le président désigné du Barreau faisait aussi partie de l’équipe en charge de la poursuite contre les compagnies de l’industrie du tabac, son attitude a changé.

Mme Redford a bondi de son siège.

«C’est complètement absurde», a-t-elle répliqué.

«Si cette personne (M. Anderson), qui théoriquement devrait comprendre ce qu’est le Barreau, est maintenant prête à diffamer contre toute la profession judiciaire de la province, et bien je n’ai aucune idée vers où cette discussion s’en va.

«Mais si ce membre ‘honorable’ décide de porter plainte, qu’il le fasse!» a-t-elle déclaré alors que les membres de son cabinet l’encourageaient.

La controverse entourant la poursuite contre les compagnies de l’industrie du tabac a fait surface mercredi, quand CBC a diffusé un rapport détaillant comment le ministère de la Justice a embauché International Tobacco Recovery Lawyers (TRL), un consortium de firmes d’avocats de la Floride, d’Ontario et d’Alberta, en 2011.

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