Getty Images Si un régime d’emploi similaire à celui de la Suède était mis en place au Québec, les directions d’école jouiraient d’une certaine autonomie pour évaluer leur personnel

La Suède a réformé de façon substantielle l’organisation du travail dans sa fonction publique au début des années 1990. Fini les échelles salariales et les emplois garantis à vie. D’après une note de l’Institut économique de Montréal (IEDM), rendue publique mercredi, le Québec a tout intérêt à s’inspirer de cet État européen.

«Souvent, on dit que la garantie d’emploi à vie et le principe d’ancienneté sont nécessaires pour éviter les abus, a affirmé l’économiste de l’IEDM et auteur de la note, Yanick Labrie. Au contraire, la garantie de l’emploi n’est pas un rempart contre l’arbitraire.»

En proie à de profondes difficultés économiques, la Suède a décidé il y a près 20 ans de transférer les responsabilités de gestion des ressources humaines des secteurs de la santé et de l’éducation aux comtés et aux municipalités. Les monopoles publics ont été dérèglementés. Un système de rémunération individualisée et liée au rendement a également été mis en place. Chaque employé devait désormais être évalué à tous les ans.

«Ce qui est surprenant, c’est que la réforme a été acceptée par les syndicats et les employés», a rapporté M. Labrie. Ils ont reconnu que les limites avaient été atteintes avec l’ancien système qui était axé sur un État providence hyper imposant.»

Les réformes qui ont été mises en place, n’ont pas coûté plus cher aux Suédois dont le fardeau fiscal est très imposant, d’après Yanick Labrie. «Ils en ont simplement eu plus pour leur argent parce qu’il y a un souci d’efficacité», a-t-il dit.

Les avantages que les Suédois ont obtenus, tant pour ce qui de l’autonomie que de la rémunération, pourraient sans doute convaincre les syndicats québécois d’accepter de revoir l’organisation du travail de la fonction publique, croit l’économiste de l’IEDM.

À la veille des dernières élections provinciales, la Coalition avenir Québec avait proposé d’évaluer le travail des enseignants, d’abolir leur sécurité d’emploi et de leur accorder en contrepartie de meilleurs salaires. La Fédération autonome de l’enseignement avait rétorqué que davantage de ressources devaient être mis à la disposition des enseignants avant d’évaluer leur travail.

Si un régime d’emploi similaire à celui de la Suède était mis en place au Québec, les directions d’école jouiraient d’une certaine autonomie, selon Yanick Labrie. Elles pourraient évaluer leur personnel en tenant compte des conditions dans lesquelles il travaille. «Elles auraient tout intérêt à embaucher les meilleurs candidats et de les garder puisqu’elles auraient des comptes à rendre, explique l’économiste de l’IEDM. Les écoles qui performent bien obtiennent davantage de ressources.»

Les régimes de retraite
Les régimes de retraite ont aussi fait l’objet d’une réforme en Suède. Tous les travailleurs, tant du secteur public que du secteur privé, doivent contribuer à un régime de retraite. «Il y a une liberté qui est consentie au travailleur pour investir dans le régime de son choix», a indiqué l’économiste Yanick Labrie. Au Québec, les municipalités tentent de revoir le partage des risques de ces régimes qui sont très coûteux pour les contribuables.

En Suède, tous les travailleurs, tant du secteur public que du secteur privé, doivent contribuer à un régime de retraite. «Il y a une liberté qui est consentie au travailleur pour investir dans le régime de son choix», a indiqué l’économiste Yanick Labrie.

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