Adrian Wyld Steve Courtoreille. Adrian Wyld / La Presse Canadienne

OTTAWA – Un autre jour, un autre défi pour Stephen Harper en ce qui a trait aux questions autochtones. Deux Premières Nations de l’Alberta poursuivent Ottawa en Cour fédérale, plaidant qu’elles n’ont pas été consultées sur les dispositions des projets de loi budgétaires omnibus qui ont un impact significatif sur la protection de l’environnement et les évaluations environnementales.

Les Premières Nations des Cris de Mikisew et de Frog Lake ont déposé mardi à Ottawa une requête en Cour fédérale, ce qui ajoute au climat politiquement chargé qui règne à Ottawa, où un affrontement entre le gouvernement et les groupes autochtones semble en voie d’éclater.

Les deux Premières Nations demandent à la Cour fédérale une révision judiciaire de certaines dispositions de la Loi sur l’emploi, la croissance et la prospérité durables — le projet de loi «mammouth» C-38 —, de même que le projet de loi omnibus C-45, particulièrement les dispositions portant sur les modifications à la Loi sur les pêches et à la Loi sur la protection des eaux navigables.

«Ils ne peuvent nous enfoncer des projets de loi dans la gorge et s’attendre à ce que nous les acceptions sans rechigner», a affirmé mardi Steve Courtoreille, chef de la Première Nation crie de Mikisew, lors d’une conférence de presse à Ottawa. «Cela aura des conséquences sur notre avenir et sur l’avenir du Canada tout entier.»

Ce recours aux tribunaux s’ajoute aux gestes de protestation qui se multiplient à l’échelle du Canada depuis quelques semaines dans le cadre du mouvement «Idle No More», dont l’objectif est d’exercer de la pression sur le gouvernement conservateur. Selon des leaders autochtones, celui-ci menace la pérennité des traités conclus en vertu des dispositions de la Constitution.

Les manifestants, dont les moyens d’action vont des blocages temporaires de routes à des rassemblements éclair dans les centres commerciaux, ont été inspirés par le combat mené par la chef de la réserve d’Attawapiskat, Theresa Spence, qui a entamé une grève de la faim le 11 décembre afin de convaincre le premier ministre Stephen Harper de la rencontrer.

Le premier ministre a accepté de participer à une rencontre avec les leaders autochtones ce vendredi. Theresa Spence souhaitait également rencontrer le gouverneur général, David Johnston, mais Rideau Hall a annoncé mardi que le représentant de la reine au Canada n’y sera pas, parce qu’il s’agit d’une séance de travail politique.

Stephen Harper a reconnu que les Premières Nations étaient confrontées à d’importants défis, mais il a affirmé que de grandes opportunités s’offraient également à elles. «Je sais que dans plusieurs communautés autochtones (…) les défis sont très grands, mais le potentiel est très grand aussi», a estimé le premier ministre.

«Nous bénéficions, pour la première fois de notre histoire, d’un développement économique à grande échelle dans des secteurs où habitent de nombreux Autochtones. Nous avons une pénurie de main-d’oeuvre et beaucoup d’opportunités, et nous voulons nous assurer que ces opportunités sont disponibles pour les Autochtones et que ceux-ci bénéficieront de cette prospérité.»

Le gouvernement continuera donc de mettre de l’avant «des législations et d’autres stratégies», a ajouté M. Harper.

C’est précisément là le problème, a fait valoir Steve Courtoreille: il est du devoir du gouvernement fédéral de protéger le territoire autochtone, mais les projets de loi budgétaire mis de l’avant par les conservateurs suggèrent qu’ils n’ont aucunement l’intention de prendre leurs responsabilités à ce chapitre.

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