Benjamin Girette Une manifestation en faveur du mariage gai à Paris

MONTRÉAL – Les lesbiennes, gais, bisexuels et transsexuels (LGBT) du Québec ont réitéré leur appui au mouvement français en faveur du mariage entre conjoints de même sexe, alors que le débat s’envenime dans l’Hexagone, à l’approche d’une légalisation universelle.

Plusieurs membres de la communauté LGBT se sont rassemblés devant le consulat de France à Montréal, dimanche, pour témoigner de leur soutien à leurs cousins qui militent pour des droits égaux.

Le Conseil LGBT considère que tous les appuis sont utiles aux militants français, même ceux en provenance de l’extérieur de l’Hexagone.

Déjà, l’association québécoise a fait parvenir une lettre ouverte aux élus de France leur rappelant l’importance de ces enjeux. Cet appui revêt une signification particulière pour le PDG du Conseil québécois LGBT, Steve Foster, étant donné que le Québec a traversé le même débat il y a environ 10 ans.

Les similitudes entre la lutte qui a lieu en France et celle qu’il est survenue au Québec sont nombreuses, mais la violence et l’agressivité avec lesquelles les deux clans s’affrontent dans l’espace public différent beaucoup. M. Foster rappelle qu’à l’époque, le gouvernement du Québec avait instauré une commission parlementaire très rapidement après qu’il eut décidé d’aller de l’avant avec son projet de loi, ce qui avait permis aux gens de s’exprimer de façon plus civilisée.

La mise sur pied d’une commission n’avait pas empêché les Québécois de se lancer des énormités sur la place publique, mais le dialogue entre partisans et opposants au mariage avait été circonscrit.

«En France, le débat a eu le temps d’avoir lieu sur la place publique beaucoup trop longtemps», souligne M. Foster.

Il croit les Français passeront rapidement à autre chose si le président français Francois Hollande garde la cap et décide d’aller de l’avant avec sa nouvelle loi. Il affirme cependant qu’il restera toujours une frange de la population en désaccord.

«Je ne suis pas certain qu’à l’époque qu’on aurait remporté un référendum sur le mariage entre conjoints de même sexe au Québec», avoue d’ailleurs M. Foster. Les mentalités ont changé, et l’opposition s’est essoufflée, précise-t-il.

Selon M. Foster, les Français sont somme toute assez ouverts au mariage et ce serait plutôt la question du droit de filiation — qui consiste en la reconnaissance des droits du conjoint — qui poserait problème, comme cela avait été le cas dans la Belle Province.

«C’est beaucoup en lien avec les droits des enfants. Le droit de filiation donne un cadre légal identique pour tous les enfants, qu’importe l’orientation de leurs parents», précise M. Foster.

Les LGBT du Québec et du Canada peuvent se marier et adopter des enfants, mais il suffirait qu’un gouvernement majoritaire en décide autrement pour que les droits acquis soient effacés, résume M. Foster, rappelant qu’une des premières motions du gouvernement Harper, en 2006, visait à rouvrir le débat sur le mariage pour les conjoints de même sexe.

«La vague de contestation en France témoigne que nos droits ne sont jamais acquis», lance-t-il.

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