Nathan Denette Kathleen Wynne. Nathan Denette / La Presse Canadienne

TORONTO – La future première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, assure qu’elle rappellera les députés au travail le 19 février et qu’elle travaillera avec l’opposition afin d’éviter une élection générale.

Mme Wynne a gagné la course à la chefferie du Parti libéral de l’Ontario samedi. Elle deviendra la première femme à diriger l’Ontario et passe aussi à l’histoire en devenant la première personne ouvertement homosexuelle à accéder à la fonction de premier ministre au Canada. A ce sujet, elle a dit espérer que sa victoire sera un message d’espoir pour les jeunes homosexuels du pays, mais elle a rappelé qu’elle n’est pas une militante de la cause gaie et qu’elle n’est pas entrée en politique pour en faire la promotion.

Mme Wynne estime que les Ontariens ne veulent pas d’élections et dit ne pas aimer l’inertie dans laquelle se trouve le gouvernement depuis que l’ex-premier ministre, Dalton McGuinty, a annoncé sa démission en octobre.

La future première ministre ontarienne a déclaré que son homologue québécoise, Pauline Marois, l’avait appelée, mais que les deux femmes n’étaient pas encore parvenues à discuter ensemble. Elle a annoncé son intention de parler avec Mme Marois, «avec tous les leaders, et particulièrement les femmes».

Mme Marois a félicité Mme Wynne pour sa victoire. «Je suis très heureuse qu’il y ait une femme de plus qui soit première ministre, ça nous permettra une certaine complicité, ce qui est toujours intéressant », a-t-elle déclaré en point de presse à Londres, où elle poursuit sa mission en Europe.

Une fois assermentée, Mme Wynne devra tenter d’améliorer les relations du gouvernement avec les syndicats des enseignants, qui en ont contre les libéraux, ces derniers ayant adopté une loi spéciale pour leur imposer des contrats de travail.

Les syndicats du secteur public, dont les membres se sont rendus par milliers devant le palais des congrès samedi, ont promis d’utiliser leur influence pour défaire les libéraux aux prochaines élections.

Mme Wynne devra également composer avec plusieurs controverses que lui laisse M. McGuinty, notamment la décision d’annuler deux projets d’usine de carburant dans des circonscriptions libérales et une enquête criminelle sur le service aérien d’ambulance Ornge.

Les progressistes-conservateurs, de leur côté, se sont opposés à toutes les initiatives du gouvernement libéral à l’exception du projet de loi 115, qui imposait des contrats de travail aux professeurs, et ont annoncé dimanche qu’ils ne changeraient pas de tactique, lançant des publicités négatives décrivant Mme Wynne comme «une autre libérale que l’Ontario ne peut se permettre».

Au dire des conservateurs, la nouvelle patronne libérale ne semble pas inquiète de l’important déficit provincial et de la pénurie d’emplois, et ont mis en garde contre le fait qu’elle ne serait pas capable d’échapper aux problèmes qui grèvent le gouvernement depuis qu’il a été réduit à une position minoritaire en octobre 2011.

«Le passé ne disparaîtra pas, a déclaré le porte-parole conservateur Vic Fedelli. Le vérificateur général examinera le scandale des centrales au gaz, du moins la portion s’étant déroulée à Mississauga, très prochainement à la législature, et l’enquête sur l’affaire Ornge est effectuée par la Police provinciale, et cela sera aussi transposé à la législature.»

Les néo-démocrates, quant à eux, ont également mis Mme Wynne en garde à propos du fait qu’elle devra traiter les problèmes laissés derrière par Dalton McGuinty. «Ils ont un bilan de neuf ans duquel il est difficile de s’éloigner», a déclaré le leader néodémocrate en Chambre, Gilles Bisson.

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