Jacques Boissinot Pauline Marois. Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

LONDRES – La première ministre Pauline Marois se dit inspirée par la décision de son homologue écossais, Alex Salmond, de donner le droit de vote aux adolescents de 16 et 17 ans à l’occasion du référendum sur l’indépendance de l’État, prévu en automne 2014. Elle n’a toutefois pas l’intention de s’engager dans cette voie avant les prochaines élections.

En point de presse à Londres, dimanche, Mme Marois a rappelé qu’il y a un an, les militants du Parti québécois se sont prononcés en faveur du droit de vote à toutes les personnes de 16 ans et plus. La mesure n’a toutefois pas été retenue dans la plateforme du PQ lors de la dernière campagne électorale, l’été dernier.

«Ce qui me plaît, c’est que quand on a discuté de ça au Parti québécois, il y a eu beaucoup de critiques, on nous a interpellés, a-t-elle déclaré. Qu’un autre chef d’État songe à faire ça, eh bien ça veut dire que ce n’est peut-être pas si bête finalement.»

Pauline Marois en discutera mardi avec le premier ministre indépendantiste écossais, qu’elle rencontrera à Édimbourg. «Il sera intéressant d’obtenir de l’information (à ce sujet) de la part de M. Salmond», a-t-elle indiqué.

Au début de 2012, la chef péquiste, dont le leadership était contesté, avait accepté que le parti se prononce sur des propositions pour «changer la politique», dont le vote à 16 ans et les référendums d’initiative populaire. Lorsque les militants ont entériné ces deux idées, elle a promis de les défendre.

Mais quelques mois plus tard, alors qu’elle naviguait en eaux plus calmes, Mme Marois a accordé moins d’importance à ces propositions somme toute controversées.

M. Salmond tenait à ce que les jeunes de 16 et 17 ans puissent voter au référendum de 2014 parce qu’il estime que ceux-ci sont plus susceptibles d’être favorables à l’indépendance que leurs aînés. Plusieurs péquistes font le même calcul et prônent l’abaissement de l’âge minimal pour voter depuis plusieurs années.

L’octroi du droit de vote aux 16 ans et plus est prévu dans l’accord qu’ont conclu en octobre Alex Salmond et le premier ministre du Royaume-Uni, David Cameron. En vertu de cette entente, le référendum devra poser une seule question claire, mais le libellé de celle-ci n’est pas encore établi.

Seuls quelques pays permettent actuellement aux jeunes de 16 ans de voter: l’Argentine, l’Autriche, le Brésil, Cuba, l’Équateur et le Nicaragua.

Pauline Marois a précisé dimanche que son gouvernement attendra un éventuel deuxième mandat pour instaurer le droit de vote à 16 ans. Et comme le PQ est minoritaire à l’Assemblée nationale, aucun référendum n’est envisageable avant les prochaines élections.

Référendum sur l’UE

Mme Marois a par ailleurs commenté indirectement dimanche la promesse faite la semaine dernière par M. Cameron de tenir un référendum sur l’avenir du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne (UE) d’ici la fin de 2017.

Il est intéressant de constater, a-t-elle déclaré, que les Britanniques n’ont «pas peur du référendum» et qu’ils y voient «un outil démocratique absolument utile». Notons que David Cameron entend faire campagne en faveur du maintien du pays au sein de l’UE.

La première ministre a par ailleurs indiqué qu’elle appuyait l’idée, longtemps défendue par Bernard Landry, d’une union à l’européenne entre le Canada et le Québec dans l’éventualité où ce dernier accéderait à l’indépendance.

Le point de presse de dimanche s’est tenu à l’observatoire du Shard, l’édifice le plus élevé de toute l’UE. Pauline Marois y a rencontré Mario Leblanc, président de la firme québécoise gsmprjct, qui a conçu les télescopes mis à la disposition des visiteurs. Il s’agit d’un contrat de cinq ans d’une valeur de 2,5 millions $.

Lundi, Mme Marois prononcera un discours devant la Chambre de commerce Canada-Royaume-Uni et participera à l’annonce officielle de l’expansion à Montréal de la firme britannique Framestore, spécialisée dans les effets spéciaux pour le cinéma et la publicité.

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