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MONTRÉAL – La fin d’un programme fédéral qui visait à accroître le nombre de policiers dans les rues des villes canadiennes menace certaines escouades consacrées à la lutte antigangs et les corps policiers autochtones, selon des autorités policières.

Le Fonds de recrutement de policiers a été mis en place en 2008 avec pour objectif de recruter 2500 policiers dans l’ensemble du pays.

Le gouvernement fédéral avait consacré une somme de 400 millions $ au financement de cette initiative, dans le cadre de ses programmes visant à maintenir la loi et l’ordre au Canada.

Les provinces avaient la responsabilité de décider comment cet argent serait dépensé. Les deux provinces les plus populeuses, le Québec et l’Ontario, ont respectivement reçu 92,3 millions $ et 156 millions $ du fédéral.

Au Québec, plusieurs escouades régionales ont été mises en place, dont l’escouade Éclipse. Rattachée au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), l’unité a d’abord ciblé les gangs de rue, mais avec le temps, son mandat a été élargi et elle s’intéresse maintenant au crime organisé dans son ensemble.

L’escouade Éclipse est l’une des unités qui tente de combattre la violence des groupes mafieux engagés dans une féroce lutte de pouvoir au sein de la mafia à Montréal. Mais son avenir est hautement incertain, puisque le programme fédéral doit prendre fin en mars.

En entrevue avec La Presse Canadienne, le chef du SPVM, Marc Parent, a souligné qu’il tentait de prolonger le financement de l’escouade. «Nous travaillons toujours là-dessus avec le ministre fédéral pour nous assurer d’avoir une bonne discussion sur la réalité montréalaise», a-t-il expliqué.

«Nous demeurons optimistes à l’effet qu’une solution peut être trouvée, a ajouté M. Parent. Je suis optimiste.»

Le président de l’Association des chefs de police de l’Ontario, Stephen Tanner, s’est montré beaucoup moins optimiste. Il redoute que la fin des investissements aura des conséquences fort négatives.

Des réductions du côté des services de police autochtones sont notamment à prévoir au Service de police de Nishnawabe-Aski, où 11 des 150 policiers qui interviennent dans 34 communautés du nord de l’Ontario seront vraisemblablement retranchés, a indiqué M. Tanner.

«Ils pourraient avoir à faire des compressions dans une ou deux petites communautés», a-t-il illustré. «S’ils faisaient cela, la Police provinciale de l’Ontario pourrait être contrainte d’intervenir dans ces communautés.»

Le ministère fédéral de la Sécurité publique avait peu de choses concrètes à dire en ce qui a trait à l’avenir de son programme. La porte-parole du ministre Vic Toews, Julie Carmichael, s’est contentée d’écrire dans un courriel que le gouvernement s’engageait à poursuivre la lutte antigang.

«Nous avons été heureux de faire un important investissement non récurrent dans les provinces et les territoires pour les aider à grossir les rangs de leurs corps policiers et pour s’assurer qu’ils avaient les outils nécessaires pour s’attaquer aux crimes reliés aux armes à feu, aux gangs et à la drogue», a-t-elle exposé.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, a affirmé que la reconduction du Fonds de recrutement de policiers avait toujours été importante pour sa formation politique. «Ce programme aurait dû être reconduit, et nous ne devrions pas réduire (les investissements). Il y a de sérieux besoins», a-t-il estimé récemment lors d’un point de presse à Montréal.

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