OTTAWA – Le gouvernement fédéral minimise la nomination d’un unilingue anglophone au poste de commissaire à l’immigration à Montréal.

Le cabinet du ministre Jason Kenney est sur la défensive après que l’un de ses employés de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR) eut accepté un document en français dans une cause même s’il n’arrivait pas à le comprendre en raison de sa maîtrise inadéquate de la langue. Sa décision avait plus tard été renversée par la Cour fédérale.

Selon une association représentant les avocats en matière d’immigration, il est important que les membres du CISR aient une bonne connaissance du français, particulièrement à Montréal.

Stephen James Gallagher, un professeur d’université, a été nommé commissaire à temps plein à titre inamovible pour un mandat de trois ans en 2010 par les conservateurs.

Il ne parle cependant pas français, et est l’un des deux seuls juges de la commission à se retrouver dans cette situation, sur un total de 32 membres.

Les demandeurs de statut de réfugié décident eux-mêmes de la langue officielle dans laquelle ils veulent être entendus; un commissaire parlant anglais est ainsi assigné aux demandeurs parlant la langue de Shakespeare.

Au moment des faits, M. Gallagher présidait une affaire qui était débattue en anglais, soit celle d’une Mexicaine tentant d’obtenir l’asile au Canada pour sa famille et elle-même.

Un rapport de police traduit de l’espagnol au français a toutefois été déposé en preuve à la toute dernière minute, et M. Gallagher a dit comprendre assez le français pour parcourir le document, et l’a accepté.

Sa décision a toutefois été renversée par un juge de la Cour fédérale, l’an dernier, en raison de l’incapacité de M. Gallagher a comprendre correctement le français.

Une porte-parole du ministre de l’Immigration, Jason Kenney, a fait valoir que le processus de sélection des commissaires, qui relève de hauts fonctionnaires, était rigoureux et basé sur le mérite.

Questionné sur cette affaire aux Communes, le ministre Kenney a rappelé que la CISR respectait la Loi sur les langues officielles, qui garantit l’octroi de services fédéraux dans l’une ou l’autre des deux langues officielles du pays.

«Il n’y a aucun problème à Montréal. Nous pouvons offrir le service dans la langue que choisit le demandeur de statut», a déclaré M. Kenney.

«La Commission compte cinq membres unilingues francophones à Montréal. Est-ce que (l’opposition) suggère que nous les congédions? Non, parce que nous sommes dans un pays bilingue. Nous respectons les droits des francophones et des anglophones», a renchéri le ministre.

Le débat entourant l’utilisation de l’anglais sur les lieux de travail a toujours été tenace au Québec, mais il est revenu à l’avant-scène au cours des derniers mois, alors que les médias ont fait état de la présence de cadres unilingues anglophones au sein de grandes entreprises ou de sociétés d’État québécoises.

Les nominations successives d’un vérificateur général et d’un juge à la Cour suprême unilingues anglophones ont également été fort mal accueillies au Québec.

Le Parti québécois a sauté sur l’occasion pour promettre de renforcer les lois sur la langue française s’il était porté au pouvoir.

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