Jacques Boissinot / La Presse Canadienne Jacques Delisle

QUÉBEC – L’ex-juge Jacques Delisle, condamné à la prison à perpétuité pour le meurtre prémédité de sa femme, devra patienter avant de savoir s’il restera en prison le restant de ses jours, ou s’il devra subir un autre procès, voire s’en tirer avec un acquittement.

Le juge Nicholas Kasirer, de la Cour d’appel, a choisi de prendre la question en délibéré, mardi, au terme de deux jours d’audience de la procédure d’appel déposée par l’avocat de Delisle, Jacques Larochelle, au Palais de justice de Québec.

Pour justifier une requête en Cour d’appel, le plus haut tribunal du Québec, Me Larochelle s’est appuyé sur la conviction que le juge Claude Gagnon, de la Cour supérieure, n’avait pas donné les directives appropriées au jury et que ce dernier avait mal évalué les ratés dans la preuve balistique soumise à la cour dans le cadre de ce procès très médiatisé.

Ex-juge de la Cour d’appel, Delisle, âgé de 77 ans, a été reconnu coupable le 14 juin dernier du meurtre prémédité de son épouse, Nicole Rainville, commis le 12 novembre 2009. La victime est décédée après avoir reçu une balle à la tête.

Pour ce crime, Delisle purge une peine d’emprisonnement à perpétuité et la Cour d’appel lui a refusé une demande de libération provisoire, le temps de la procédure d’appel.

Lundi et mardi, le juge Kasirer a pu entendre les plaidoiries de Me Larochelle visant à justifier un acquittement ou la tenue d’un nouveau procès cette fois devant juge seul, et celles des deux avocats de la Couronne au dossier, Michel Fortin et Steve Magnan, venus prétendre le contraire.

Mardi, en clôture de plaidoirie, Me Larochelle a attaqué durement le travail des deux avocats durant le procès qui a mené à la condamnation de son client le printemps dernier.

«Insultes», «sarcasmes», «suppositions» et «grossièretés» ont émaillé les plaidoiries présentées alors au jury par Me Fortin et Magnan, selon Jacques Larochelle, qui a estimé que la Couronne avait déformé la preuve, lui faisant dire «ce qu’elle ne dit pas».

Or, a-t-il fait valoir, une plaidoirie doit être fondée sur une «argumentation rationnelle».

Il a répété que la preuve balistique, au coeur de ce procès, n’était pas solide, et qu’en conséquence le verdict du jury était déraisonnable.

Sur plusieurs points de droit, Me Larochelle a estimé que le juge Claude Gagnon n’était pas intervenu auprès du jury comme il aurait dû le faire pour lui fournir toutes les directives requises afin de bien analyser la preuve.

Comme il avait fait la veille, il est revenu à la charge pour soutenir qu’un des experts en balistique appelés à témoigner pour la Couronne, Gilbert Gravel, avait menti à la cour.

De son côté, Me Michel Fortin a répliqué en parlant de l’«aura de malveillance» qui caractérisait les propos de Me Larochelle.

Il a jugé que Me Larochelle avait traité «avec un certain mépris» l’expert Gilbert Gravel.

Il a fait valoir à la cour que Delisle avait un mobile pour le meurtre de sa femme. «Il avait tout intérêt à faire passer le tout pour un suicide», dans le but de «faire vie commune avec sa maîtresse», Johanne Plamondon.

Selon lui, au moment de se prononcer, le jury avait toutes les informations nécessaires pour prendre la meilleure décision.

Me Steve Magnan a renchéri pour dire que le juge Gagnon avait fait un travail «consciencieux» et «attentionné» durant le procès, contrairement à ce que prétend Me Larochelle.

Durant la procédure d’appel, la famille de Delisle était présente en cour. L’audience a aussi attiré quelques dizaines de curieux.

Pour mener à bien sa tâche, le juge Kasirer est entouré des juges Marie St-Pierre et André Vincent.

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