OTTAWA – Des communautés autochtones du Québec et du Labrador craignent que les policiers soient absents de leurs rues dès le mois d’avril, alors qu’elles disent n’avoir eu aucune nouvelle du gouvernement fédéral en vue du renouvellement de leurs ententes de financement.

À un mois de l’échéance, elles ne veulent pas se retrouver sans force policière autochtone ni devoir laisser la responsabilité des patrouilles à la Sûreté du Québec (SQ). L’autre scénario possible est que les communautés continuent d’offrir les services de police, à leurs propres frais.

Les dernières ententes négociées avec Ottawa prennent fin le 31 mars, ont affirmé les chefs de quelques nations, incluant le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, en point de presse à Ottawa, mardi. Ils espéraient y rencontrer le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, puisque celui-ci ne répond pas à leurs lettres, disent-ils.

Les communautés veulent ainsi négocier pour obtenir des ententes de financement à long terme afin de prévoir leurs effectifs et leurs dépenses. Elles veulent éviter de se trouver dans l’incertitude quant à ce qu’il adviendra le 1er avril.

«On veut des entente à long terme comme les autres forces policières au Canada», a martelé le chef Lloyd Phillips, de Kahnawake.

Et cela coûterait moins cher que de requérir les services de la SQ, a-t-il insisté.

Mais puisque la fin des accords arrive à grands pas, M. Picard a dit qu’il accepterait de prolonger l’entente actuelle d’un an, à condition de pouvoir profiter de ce délai pour négocier un cadre de plus longue durée. Car 18 ententes sont en jeu et visent 26 communautés.

Ce n’est pas la première fois que les Premières Nations du Québec et du Labrador se retrouvent dans cette situation inconfortable, allèguent-elles. Les ententes sont toujours renouvelées pour de courtes périodes, et trop souvent à la dernière minute.

On était dans la même situation en 2011, a rappelé le chef Picard. «On est pris en otage sur le financement des forces policières», a-t-il dit.

«S’il faut encore une autre année, pourquoi pas, pour arriver dans l’ordre. Le désordre ne doit pas avoir lieu», a commenté pour sa part le chef bloquiste Daniel Paillé.

Les policiers autochtones sont aussi bien formés que ceux de la SQ, ont fait valoir plusieurs des chefs présents au point de presse. Plus orientés vers la résolution des problèmes sociaux, ils sont aussi mieux préparés à intervenir auprès des leurs parce qu’ils connaissent la culture et la langue, des atouts en situation de crise, ont-ils expliqué.

Confronté aux questions de l’opposition officielle en Chambre mardi, le ministre Toews a répondu qu’«une décision sur le financement serait bientôt prise».

Affirmant que «la sécurité est principalement une responsabilité provinciale», M. Toews a ajouté qu’il devait rencontrer le jour même des chefs autochtones pour discuter de ce sujet.

Il ne s’agissait toutefois pas de ceux du groupe du Québec et du Labrador, qui sont repartis bredouilles mardi. En fin d’après-midi, M. Picard a indiqué qu’il n’avait pu voir aucun représentant du gouvernement et qu’il ignorait qui étaient les visiteurs de M. Toews.

La demande des communautés reçoit l’appui des partis d’opposition.

Surtout que le problème n’est pas qu’au Québec.

«C’est intolérable pour les communautés au Québec et à travers le pays de devoir attendre chaque année pour voir si elles vont avoir les fonds nécessaires pour assurer la sécurité du public», estime le chef libéral par intérim, Bob Rae.

Selon M. Picard, les forces policières sont financées à 52 pour cent par le fédéral et 48 pour cent par le provincial. Selon lui, le gouvernement du Québec serait disposé à payer sa part.

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