Je m’ennuie. Je m’ennuie du hockey qui me faisait triper. Je m’ennuie surtout des joueurs d’avant. Dans tous les sens. Je m’ennuie des joueurs d’hier… et des gars qui jouaient à l’avant et qui remportaient le championnat des compteurs… même en portant le chandail du Canadien. Une chose qui semble aujourd’hui absolument inimaginable.

L’autre fois, un comédien dont je tairai le nom (qui commence par Claude et qui finit par Legault…) me faisait remarquer que depuis Guy Lafleur,
le Canadien n’avait eu comme vedettes que des gardiens de but. C’est tout à fait juste. Ce qui veut dire que les succès (!) de l’équipe ont été l’apanage de ceux qui se faisaient tirer des rondelles dessus plutôt que d’en lancer. En conséquence, nos seuls moments d’émotion ont été provoqués par le soula-gement de ne pas se faire compter des buts plutôt que d’en marquer. Un peu comme si la vraie affaire était de survivre plutôt que de vivre.

Cette année plus que jamais, le hockey du Canadien m’ennuie. On pourrait arrêter la saison drette là que ça ne me ferait pas un pli derrière le genou. Le problème, ce n’est pas la fiche de .500 ni la collection d’éclopés sur le carreau. Le problème est simple : c’est juste plate. Mais alors là, tellement plate… Gagne ou perd, il ne se passe jamais rien. Ou si peu…

Jeudi dernier, j’étais au match contre Vancouver. Alors que le Canadien menait 3-0, j’ai pourtant dit à mon voisin de gauche – en passant, salut Théroux… – que j’étais certain qu’il allait encore perdre. Pourquoi? Parce que le «goaleur», aussi bon soit-il, ne peut pas toujours tout faire tout seul. Pourtant, il suffirait d’un enragé dans le groupe pour allumer le reste de la gang. Un leader, pas plus. Pas obligé d’aller chercher une mégastar avec un contrat de 70 M$ pour 10 ans. Ça prendrait seulement un fonceur qui aurait assez de front pour prendre la tête de la parade. Les autres suivraient, j’en suis convaincu.

Au père Noël, le vieux ti-cul que je suis a le goût de ne demander qu’un seul cadeau cette année. Dans le genre, un joueur inspiré et inspirant. Après ça, je serai sage comme une image et je vais me tenir bien tranquille dans mon coin. Pareil comme Jacques Martin derrière le banc. Promis, juré, craché.

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J’ai bien aimé le Tintin de Spielberg. OK, ça rocke peut-être beaucoup vers la fin, mais j’ai retrouvé le jeune reporter de mes premières lectures. Je me réjouis surtout que la franchise d’Hergé ne soit pas tombée entre les mains aseptisantes de Disney. Imaginez ça un instant : le capitaine Haddock dans un meeting des AA, des brigands avec des fusils à l’eau et une morale à coups de chausson en guise de dénouement. On l’a quand même échappé belle…

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Pas une seule fois je ne suis allé au marché Atwater sans voir des donneux de contraventions pour le stationnement se faire aller. Et vive la relance du commerce en ville!

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Une autre maudite bonne vue à voir : L’artiste, avec Jean Dujardin et Bérénice Bejo. Un film muet qui fait la démonstration indiscutable qu’une image vaut effectivement mille mots. Et aussi que le noir et blanc peut nous en faire voir de toutes les couleurs. Comme le disent les Français : un must!

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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