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À force de défendre des sportifs qui multipliaient les cas d’infidélité, l’avocat torontois Noel Biderman a vu le potentiel commercial d’un site de rencontres extraconjugales. Fondé en 2001, AshleyMadison.com compte aujourd’hui 19 millions de membres dans 26 pays différents. Métro s’est entretenu avec celui que les médias américains surnomment le «roi de l’infidélité», de passage à Montréal pour le lancement de sa plateforme adaptée au marché québécois.

Pourquoi avoir nommé votre site Ashley Madison ?
J’ai choisi les deux noms féminins qui étaient les plus populaires aux États-Unis l’année où j’ai mis en service mon site, puisque je voulais le dédier aux femmes mariées. Les hommes peuvent évidemment s’inscrire, mais l’objectif est d’offrir un lieu de rencontre discret et sécuritaire aux femmes qui désirent commettre l’adultère.

Qu’entendez-vous par «sécuritaire» ?
J’ai lu des centaines de documents sur l’infidélité, dont un article qui expliquait que les femmes ont tendance à tromper leur conjoint avec des collègues au bureau ou des individus liés aux amis ou à la famille. Ce genre d’aventure peut avoir de graves conséquences sur leur carrière ou leur vie. Mon défi est donc de convaincre ces femmes que si elles ne veulent pas se faire prendre, il est plus sûr de rencontrer une personne en ligne que sur les lieux de travail.

En offrant un site avec le slogan «La vie est courte. Tentez l’aventure», considérez-vous encourager l’adultère?
Je ne cherche pas du tout à convaincre les gens d’être infidèles, je suis moi-même marié, fidèle et père de deux enfants. Toutefois, je suis convaincu qu’un grand nombre d’individus ne sont pas satisfaits avec la monogamie, le seul modèle de couple socialement acceptable. Beaucoup de membres m’écrivent pour dire qu’ils voient l’infidélité comme l’un des secrets de longévité de leur couple.

Bien que vous diffusiez des annonces sur quelques chaînes télévisées dont CityTV et Sportsnet et CNN, vous avez rencontré beaucoup d’opposition de la part des télé-diffuseurs ?
Malheureusement, oui. Par exemple, j’ai réussi à passer une publicité lors du Superbowl en 2008, puis ils ont annulé pour l’année suivante. J’ai aussi voulu commanditer une équipe sportive ou encore afficher sur les autobus à Toronto, et chaque fois, ce n’est pas le format des publicités qui dérangent, mais bien la nature du message.

Cela vous fâche-t-il ?

Je trouve les gens hypocrites, ils veulent simplement éviter de questionner le modèle monogame. Les personnes qui commettent des adultères sont partout autour de nous, ce sont nos amis, nos athlètes préférés, nos politiciens. Je reste toutefois optimiste car mon site, aussi controversé qu’il soit pour certains, contribue à faire évoluer le débat sur ces sujets tabou un peu partout sur la planète.


En chiffres

AshleyMadison.com est le site de rencontres extraconjugales le plus populaire au monde.

  • 12 millions de visiteurs par jour.
  • Un nouveau membre aux 4 secondes.
  • Déjà 159 000 membres au Québec. Selon le président du site, le nombre d’abonnés vont drastiquement augmenté avec la nouvelle plateforme francophone.

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