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MONTRÉAL – L’ensemencement du maïs et du soya sur les fermes canadiennes est déjà terminé pour l’année, mais les conséquences sur les abeilles pourraient se répercuter sur une période bien plus longue, révèle-t-on dans une récente étude.

Les ruches installées à moins de trois kilomètres de champs aspergés à l’insecticide ont trois fois plus de chances de mourir que d’autres ruches, selon ce que démontrent les données recueillies par un étudiant québécois à la maîtrise de l’université Laval, Olivier Samson-Robert.

Et les humains devraient en prendre bonne note. La pollinisation joue un rôle de premier plan pour 70 pour cent des plants cultivés, en plus de 35 pour cent de la consommation humaine de tous aliments confondus.

La diminution du nombre d’abeilles influence directement à la baisse le nombre de plants — et plus particulièrement dans les cas des pommes, de framboises et de concombres —, ce qui pourrait se traduire par une baisse de l’approvisionnement en nourriture.

M. Samson-Robert a tenté de dresser un portrait plus précis du déclin observé dans la population d’abeilles et de déterminer de quelle manière les insecticides pouvaient influencer cette tendance. La première partie de ses recherches a permis de mettre en lumière l’importance du rôle des insecticides de type néonicotinoïde, parmi les plus utilisés à travers le monde.

Ces insecticides ont été introduits au Canada en 2004 et leur composition chimique s’apparente à la nicotine, qui servait déjà d’insecticide au XVe siècle, selon des données de l’agence américaine de protection de l’environnement.

La présence du produit chimique est généralisée au Québec, alors que 99 pour cent des semences de maïs et 50 pour cent de celles de soya des 500 000 hectares de terres cultivées dans la province sont traités avec cette substance, a expliqué M. Samson-Robert.

Selon lui, la contamination des ruches et des fleurs pourrait être réduite en ayant recours à un appareil qui permettrait d’injecter directement vers le sol l’insecticide, puisque des particules du produit chimique s’échappent dans l’air pendant l’ensemencement.

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