À 45 ans, ce consul­tant en géothermie a causé une certaine surprise, en mars 2008, en battant son chef Scott McKay lors du Congrès national du parti.

M. Rainville était alors vice-président à l’exécutif national. Le Parti vert ne présente cette année que 80 candidats, alors qu’il en avait 108 lors de l’élection précédente de mars 2007. M. Rainville est candidat dans la circonscription de Deux-Montagnes.

Seulement 80 candidats verts… Comment l’expliquez-vous?
Il y a un certain essoufflement des citoyens par rapport à la politique, et nous n’avons pas une organisation aussi puissante que les vieux partis. De plus, beaucoup de nos gens s’impliquent aussi au niveau fédéral. Si l’élection provinciale avait été déclanchée avant celle d’Ottawa, le résultat aurait été très différent.

Pourquoi avoir écarté des alliances locales avec Québec solidaire?
Ça a déjà été discuté, mais on ne peut pas faire d’alliance de ce côté-là. Québec solidaire prône la souveraineté. Nous, on a mis ça de côté pour des options plus urgentes. On est aussi un parti très démocratique. On ne va donc pas jouer
le jeu des vieux partis politiques qui se cèdent des comtés entre eux.

Quelle est la philosophie de votre programme?
La politique doit être au service du citoyen. Actuelle­ment, dans la philosophie du gouvernement, le citoyen est au service d’une économie qui lui dicte sa manière d’être, de faire, de penser, de s’habiller et d’agir dans la société. Si, depuis 200 ans, l’être humain avait été au cÅ“ur de toutes les décisions, on vivrait dans une société de partage où chacun contribuerait au bien-être de l’autre. On vivrait dans une société où il y aurait moins de lutte, moins d’écart entre les riches et les pauvres, bref, une société plus humaine.

Quels sont les défis de votre parti?
On veut casser la perception qu’on est juste un parti environnemental. C’est important de démontrer qu’on est aussi crédibles, en santé, en économie ou en culture. On souhaite aussi doubler nos votes et atteindre les 8 %, en plus de faire élire au moins un premier député vert à l’Assem­blée nationale.

Pourquoi vous êtes-vous engagé en politique?
Je suis un citoyen qui, après avoir vu que les gouvernements ne nous écoutaient pas, a décidé de s’impliquer en politique. Nos candidats sont mus par une soif de changement.

Quels sont les grands axes de votre programme?
On veut décentraliser le pouvoir vers les régions, qui se sentent étouffées parce qu’elles ne peuvent pas prendre des décisions par elles-mêmes. On aurait donc des gouvernements régionaux élus, avec leurs propres budgets, des pouvoirs et des leviers financiers. Les régions pourraient ainsi gérer leurs ressources et développer leurs propres projets économiques. Ça éviterait l’exode des jeunes vers les grands centres. En santé, la priorité, c’est la prévention. Actuellement le budget de la santé représente 3 000 $ par personne, et il n’y a presque pas d’argent pour la prévention. Pourtant, 100 M$ investis en prévention occasionnent 1 G$ d’économies. Il faut donc bâtir plus de centres sportifs, éliminer la malbouffe dans toutes les institutions publiques, ou supprimer les taxes pour l’achat d’un vélo de moins de 400 $, sans oublier de favoriser l’agriculture biologique, qui est laissée pour compte actuellement.

Pourquoi voit-on des Verts à l’assemblée en Allemagne et pas au Québec ?
Ils ont un système électoral proportionnel. Si vous obtenez 10 % des voix vous aurez 10 % des députés. Au Québec, un parti peut avoir jusqu’à 20 % des votes effectifs et avoir zéro député à l’Assemblée nationale. C’est pour ça qu’on dit que le système électoral actuel est antidémocratique. Les citoyens ont l’impression que leur vote va être perdu en votant pour les petits partis, alors ils votent souvent de façon stratégique. Ils ne votent pas avec leur cÅ“ur.

Un Québec carbone neutre c’est possible?
Oui, on a tout ce qu’il faut au Québec. On a fait un grand pas avec les barrages, on a ce qu’il faut pour la géothermie, les panneaux solaires et l’on a les meilleurs parcs de vent au monde reconnus dans la région de la Baie James. Bref, on peut arriver à une indépendance complète au pétrole. Il faut aussi augmenter les incitatifs fiscaux, faire du transport en commun quelque chose de plaisant, de disponible, et revoir notre rapport à l’automobile. Au Québec, on dépense pour 23 G$ par an pour l’auto. Ce sont des capitaux qui sortent mais qui ne profitent pas à notre économie, il faut donc les ramener ici en développant notre propre industrie automobile électrique. Le Québec est aussi un leader mondial dans le transport en commun avec des entreprises comme Bombardier (tramway, métro, trains…) ou Trailpower (locomotives hybrides), une entreprise qui ne vend même pas ses produits ici. Bref, on est les plus mal chaussés de ce côté-là !

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