Le temps froid et humide qui faisait grelotter Montréal hier a servi de toile de fond au Réseau solidarité itinérance du Québec (RSIQ) ,qui a rappelé à la ministre déléguée au Service sociaux, Lise Thériault, sa promesse de déposer un plan d’action sur l’itinérance «avant les grands froids».
Alors que prenait fin le 11e État d’urgence, organisé par l’Action terroriste socialement acceptable (ATSA), le RSIQ a aussi appelé la ministre Thériault à ne pas oublier le rapport de la Commission parlementaire sur l’itinérance, rendu public le 4 novembre. Ce rapport recommande la création d’une politique globale en matière d’itinérance qui engagerait l’ensemble des ministères et des organisations concernés, une position qu’entend défendre bec et ongles le RSIQ. «La politique globale, c’est une urgence, a indiqué Pierre Gaudreau, vice-président du RSIQ et coordonnateur du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal. Il faut convaincre le gouvernement que ça prend plus qu’un plan d’action, qui ne serait qu’une mesure temporaire. Il faut que le gouvernement priorise le dossier de l’itinérance sous tous ses angles. Pour y arriver, ça prend une politique.»
Une réponse avant Noël
Au bureau de la ministre Lise Thériault, on refuse de préciser à quel moment le plan d’action sur l’itinérance sera présenté, mais on assure que ce sera avant Noël. On ne parle toutefois pas encore d’une politique globale. Selon Harold Fortin, l’attaché de presse de la ministre Thériault, trois axes seront priorisés par le plan d’action. La prévention sera d’abord ramenée à l’avant-plan. Les services des différents ministères seront par ailleurs mieux arrimés afin de faciliter le traitement des demandes des personnes dans le besoin.
Enfin, des mesures d’aide aux personnes qui souhaitent sortir de la rue seront proposées. «La solution ne peut pas seulement être financière, a expliqué M. Fortin. Il faut aussi revoir la manière de voir et de penser les choses et améliorer les interactions entre les ministères. Tous les ministères seront impliqués dans le plan d’action, qui nous permettra d’agir à court terme.»
Insuffisant
Bien que la ministre déléguée aux Services sociaux ne parle pas encore d’une politique globale, une annonce pourrait être faite au moment du dévoilement du plan d’action, selon Harold Fortin. Mais déjà, l’opposition fourbit ses armes. «L’adoption d’une politique en matière d’itinérance fait consensus au Québec, a déclaré par voie de communiqué Nicolas Girard, porte-parole de l’opposition officielle en matière de famille. Le gouvernement libéral a une obligation de résultats et doit donner suite aux recommandations de la Commission parlementaire.»
Sa collègue, Monique Richard, porte-parole de l’opposition en matière d’emploi et de solidarité sociale, a d’ailleurs assuré les intervenants en itinérance que le Parti québécois serait là pour «assurer la vigilance nécessaire à l’application des 33 recommandations» du rapport de la Commission.