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Charge contre l'abolition de la Commission de l'équité salariale

Inquiète face à la volonté du gouvernement Charest d’abolir la Commission de l’équité salariale et de transférer son personnel à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), la Coalition en faveur de l’équité salariale a décidé de se reformer pour assurer que les droits des femmes soient respectés.

Le gouvernement provincial a fait connaître son intention d’abolir la Commission de l’équité salariale en tant qu’entité indépendante lors de son dernier budget. Il arguait qu’une fusion avec la CDPDJ permettrait de réaliser des économies. Depuis, la Commission de l’équité salariale n’a été touchée par aucun projet de loi qui aurait permis son abolition.

Ce répit n’a pas eu l’heur de rassurer la Coalition, formée d’une vingtaine de regroupements syndicaux et de groupes de femmes. D’abord créée en 1988 pour demander qu’une loi sur l’équité salariale soit adoptée, elle a décidé de renaître pour mener ce nouveau combat.

«En allant de l’avant avec l’abolition de la Commission de l’équité salariale, le gouvernement enverrait comme message que l’équité salariale n’est pas importante, a indiqué Alexa Conradi, porte-parole de la Coalition et présidente de la Fédération des femmes du Québec. Le gouvernement doit maintenir le cap et ne pas se lancer dans un débat de structure.»

Selon les données obtenues par la Coalition, la Commission de l’équité salariale a traité, en 2009-2010, 8 859 demandes de renseignement, a fourni 38 077 documents d’information et a offert 5 666 formations. «Ça témoigne d’un besoin réel, a affirmé la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau. Si tous les membres de la Commission qui ont développé une expertise file devant l’insécurité, on aura démantelé quelque chose d’important.»

Le Conseil du trésor n’a pas été en mesure de confirmer, mardi, si la Commission de l’équité salariale serait bel et bien abolie. Le porte-parole du Conseil, Harold Tremblay, a toutefois indiqué qu’un projet de loi concernant l’abolition ou la fusion de divers organismes serait présenté le 1er décembre 2010. Il semble probable que la Commission sera concernée.

Du retard pour l’équité

Les entreprises de plus de dix employés ont jusqu’au 31 décembre 2010 pour se conformer à la loi sur l’équité salariale. Selon la Coalition en faveur de l’équité salariale, «à peine 50 % des entreprises de la province» ont entrepris un exercice d’équité salariale. «Dans le monde syndiqué, où il y a une machine qui pousse, c’est difficile de faire appliquer la loi, a rappelé Louise Mercier, vice-présidente de la FTQ. Imaginez les gens qui n’ont pas de ressources!»

La date butoir du 31 décembre n’impressionne pas les membres de la Coalition, qui ne croient pas que toutes les entreprises du Québec se seront conformées à la loi d’ici là.

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