Voyage Montréal-Québec… à la nage
Jeudi, la nageuse Heidi Levasseur a plongé du quai Jacques-Cartier à Montréal. Son objectif: rejoindre Québec, à la nage. En franchissant 36 km par jour pendant une semaine, la jeune femme n’aura pas le temps d’admirer les splendeurs du Saint-Laurent no de réfléchir aux problèmes qui l’affectent
Km 25 : Est de Montréal. Chaque jour l’usine de traitement rejette l’équivalent d’un stade olympique en eaux usées. Malgré un traitement de base, on retrouve dans ces eaux des coliformes fécaux en quantité, des hydrocarbures, des médicaments et des hormones contraceptives qui changent le sexe de certaines espèces animales. Montréal a prévu 150 M$ d’ici 2013 pour ozoner ses eaux usées et assainir le fleuve.
Km 40 : À proximité de Repentigny. La rivière Assomption se jette dans le Saint-Laurent. Comme d’autres rivières, en longeant les champs des agriculteurs, elle s’est gorgée de l’azote et du phosphore contenus dans les engrais. Même si la situation s’est améliorée, ce type de pollution favorise la prolifération d’algues toxi-ques et nuit aux espèces vivantes.
Km 95 : Lac Saint-Pierre. Heidi ne les verra pas, mais ici logent des espèces menacées comme la tortue molle à épines ou la couleuvre brune. Elle aura plus de chances de voir le crabe chinois, une espèce envahissante amenée dans les eaux de ballast des navires venant d’Europe. Si sa population augmente et y creuse ses galeries, elle pourrait accélérer l’érosion des berges.
Km 125 : À partir de Cap-de-la-Madeleine, le fleuve fait moins de 2 km de large, et la nageuse trifluvienne croisera de gros bateaux amenant vers Montréal 1,3 million de conteneurs par an. Mais le niveau du fleuve pourrait perdre jusqu’à 1 m d’ici 2050, ce qui nuirait au commerce.
Km 245 : Lévis. Les torchères de la raffinerie Ultramar annoncent la proximité de Québec. En 2008, une fuite avait propagé 20 000 litres de mazout lourd dans l’environnement dont environ 1 000 litres dans le fleuve. Heidi aura probablement décidé de nager sur l’autre bord.