Au terme de son programme d'essai avec les entreprises de Boucherville (voir encadré), Hydro-Québec aura testé pas moins de 50 i-MiEV dans diverses conditions d'utilisation.

Le groupe de travail chargé de planifier l’implantation à Montréal de bornes nécessaires aux voitures électriques met présentement la dernière main à son plan d’action, qui sera présenté dans quelques semaines. «Il est à compléter ses travaux portant sur les enjeux et les solutions liés à la planification de l’infrastructure de recharge», a indiqué mercredi la porte-parole d’Hydro-Québec, Stacey Masson.

En juin dernier, le gouvernement du Québec, Hydro-Québec, l’Agence de l’efficacité énergétique, l’Alliance Renault-Nissan ainsi que les Villes de Montréal et de Québec ont annoncé qu’ils amorçaient des discussions pour décider des infrastructures qui serviront à recharger les piles des voitures électriques. Ils se donnaient six mois pour en venir à une entente. «Le rapport est quasiment terminé, a dit le directeur des communications de Nissan Canada, Didier Marsaud. Il sera présenté au groupe de travail pour révision finale.»

Au cours de la prochaine année, plusieurs voitures électriques seront offertes sur le marché canadien, comme la Leaf de Nissan et la Volt de Chevrolet. «On travaille pour qu’aussitôt que les Québécois décident d’acheter des voitures électriques, ils aient les infrastructures nécessaires pour voir à leur besoin», a affirmé Mme Masson.

Hydro-Québec estime que 80 % des besoins des conducteurs de voitures électriques seront comblés si une borne est installée à leur domicile et une autre à leur travail. Ce qui fait que les Montréalais qui n’ont pas de stationnement privé non loin de leur demeure devront patienter quelques années avant d’acheter une voiture électrique, selon M. Marsaud. «À la vitesse où les chargeurs se développent, on peut imaginer que, dans cinq ans, il y aura des chargeurs partout et que la voiture électrique sera pour tout le monde», a-t-il fait savoir en contrepartie.

Parallèlement aux réfle­xions du gouvernement, des entreprises demandent con­seil à Hydro-Québec pour se doter de bornes électriques. Le Centre Sheraton de Montréal en a déjà installé une.

Essais avec les entreprises
Les entreprises de Boucher­ville sont invitées à participer au programme d’essai de voitures électriques mis en place par Hydro-Québec et Mitsubishi. Quinze i-MiEV leur seront prêtées au printemps afin d’être testées au quotidien. Ces expériences permettront à Hydro-Québec de prévoir les infrastructures nécessaires à l’utilisation de ces voitures dont les piles doivent être régulièrement rechargées. «On veut savoir où les conducteurs rechargeront la voiture et quand ils le feront», a expliqué hier la porte-parole de la société d’État, Stacey Masson.

La performance de ces automobiles dépourvues de réservoir d’essence sera également évaluée au cours de l’hiver. L’an passé, cinq voitures i-MiEV ont été mises à la disposition de la Ville de Boucherville et du Centre de santé et des services sociaux Pierre-Boucher. Le programme d’essai d’Hydro-Québec durera trois ans.

Quelles sont les limites?
Les prix élevés demandés pour les voitures électriques risquent de faire chuter l’enthousiasme des consommateurs, selon la chroniqueuse automobile, Nadine Filion. «La Smart et la Leaf se détailleront à environ 30 à 35 000$,  a-t-elle rapporté. Est-ce qu’on est prêt à mettre autant d’argent pour des voitures qui, logiquement, sur le marché, vaudraient de 15 à 20 000 $ On achèterait en quelque sorte une petite BMW, mais on se retrouverait avec une petite compacte qui consom­me peu. Il faudra faire beaucoup de kilométrage pour en avoir pour son argent.» Qui plus est, l’autonomie de ces voitures est limitée. Elles peuvent en général parcourir au plus 160 km sans être rechargées et une recharge peut prendre jusqu’à 8 heures selon le potentiel électrique de la prise.

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