Les mots de 2010
L’actualité de 2010 nous a fait (re)découvrir plusieurs mots. Pour illustrer l’essor de certains, nous avons recensé leur fréquence d’utilisation dans les médias écrits francophones du pays en 2009 et en 2010.
Caviarder
(v. qui signifie recouvrir d’un enduit noir de façon à censurer un passage.)
Ce verbe, qui serait dérivé de «caviar» et associé à la couleur noire de ce produit a connu son heure de gloire pendant la commission Bastarache. De nombreux documents étaient caviardés pour cacher des informations qui n’avaient rien à voir avec le processus de nomination des juges. Chez Métro on pense que cette affaire Bellemare, ça XXXXX XX XXXXXX XXXXXX XXXX XX et on assume complètement notre opinion!
Score 2009 : 4
Score 2010 : 40
Eyjafjallajökull
(n.p. qui signifie : glacier des montagnes des îles. Eyjafjöll en français)
On entend rarement parler des Islandais dans les bilans de fin d’année. Mais là, ça fait deux années de suite qu’ils nous font le coup! D’abord il y a deux ans, lorsque leur pays a pratiquement fait faillite, mettant dans l’embarras plusieurs fonds d’investissement étrangers. Ensuite cette année, quand l’éruption d’un de leurs volcan a bloqué le trafic aérien et coûté près de 3 G$. On n’est pas pressés de voir ce qu’ils nous réservent en 2011!
Score 2009 : 0
Score 2010 : 137
iPad
(n.m. traduction libre : JeBloc)
La présentation de la fameuse tablette d’Apple, le 27 janvier, a généré 75 342 articles dans la presse internationale. Avec une telle couverture médiatique, plus besoin de faire de la publicité pour faire connaître votre nouveau produit! De fait, il s’en est vendu 3 millions en 80 jours! Fait intéressant le nom iPad appartenait jusqu’ici à la marque Fujitsu.
Score 2009 : 0
Score 2010 : 2 089
Prorogation
(n.f. qui signifie notamment suspension des séances d’une assemblée)
Quand le premier ministre Stephen Harper a décidé en début d’année de prolonger les vacances des élus soi-disant pour que le gouvernement puisse se concentrer sur les mesures de relance de l’économie, il ne se doutait probablement pas que plusieurs milliers de Canadiens descendraient dans la rue.
Score 2009 : 137
Score 2010 : 838
Schiste
(n.m. qui signifie roche sédimentaire ou métamorphique qui se débite en feuillets)
Belle occasion énergétique et financière ou danger environnemental à saveur bitumineuse, le gaz présent dans le sous-sol de la rive sud du Saint-Laurent? Le débat a enflammé les Québécois à la rentrée et embarrassé le gouvernement.
Score 2009 : 42
Score 2010 : 3 089
Vuvuzela
(n.f d’origine zulu, qui signifie «faire du bruit»)
La fameuse trompette sud-africaine a fait fureur, dans tous les sens du terme, lors de la Coupe du monde de soccer. À mi-chemin entre le barrissement d’éléphant et le bourdonnement d’un essaim d’abeilles, le son multiplié à la puissance mille n’a pas été du goût de certains, qui ont demandé son bannissement des stades. Au Québec, pendant la polémique, le poids média des vuvuzelas a été l’équivalent de 52 % du poids média du gouvernement Charest…!
Score 2009 : 0
Score 2010 : 87
Une année austère
Les éditeurs du dictionnaire américain Merriam-Webster ont désigné le mot «austérité» comme mot de l’année 2010.
Le mot a fait l’objet de plus de 250 000 recherches sur le site web de l’entreprise. La popularité du mot serait attribuable à l’actualité économique mondiale. Émeutes et démonstrations se sont produites dans plusieurs pays d’Europe, et notamment en Grèce, quand les gouvernements ont adopté des mesures d’austérité pour reprendre le contrôle des finances publiques.
Parmi les autres mots les plus populaires de 2010, on retrouve «pragmatique», «moratoire», «socialisme» et «sectaire» («bigot», en anglais) – ce dernier ayant été utilisé publiquement par l’ancien premier ministre britannique Gordon Brown et deux personnalités américaines bien en vue.