CALGARY – Les impacts à long terme qu’entraînent les détonations de bombes artisanales sur les cerveaux des soldats canadiens déployés en Afghanistan font l’objet de deux projets de recherche distincts à l’université de Colombie-Britannique et l’université d’Alberta.

La déflagration de ces bombes artisanales, pour la plupart camouflées en bordure de route par les talibans, a infligé des lésions cérébrales traumatiques à un certain nombre de militaires canadiens au cours des dernières années, a souligné le vice-président d’Instituts de recherche en santé du Canada, le Dr Robert Thirsk.

Si ces engins sont improvisés, la réponse du Canada doit, elle, être stratégique, a-t-il soutenu.

Les travaux du Dr Yu Tian Wang, du Centre de recherche sur le cerveau de l’université de Colombie-Britannique, portent sur les changements biologiques se produisant dans les cellules du cerveau à la suite d’une lésion provoquée par un engin explosif.

Il tente ainsi de déterminer si l’injection de peptides peut contribuer à réduire la mort ou le dysfonctionnement de cellules du cerveau à la suite d’un tel traumatisme cérébral.

Ce médicament peut agir en tant que bouclier sur les cellules s’il est injecté avant l’explosion, et le docteur et son équipe tentent de déterminer s’il est aussi efficace après la déflagration et si oui, jusqu’à combien de temps après l’incident il peut être administré au patient.

La Dre Ibolja Cernak de l’université d’Alberta s’interroge quant à elle sur les liens entre le cervelet et les problèmes d’équilibre, de mémoire et de comportement observés à la suite d’une explosion.

La chercheure espère pouvoir développer de nouvelles thérapies et mieux identifier les soldats qui sont plus susceptibles d’avoir ce genre de problèmes après une déflagration.

«Bien souvent, les soldats sont exposés à une série d’explosions à faible intensité. Ils vont recourber leurs épaules, mais le problème avec l’exposition à ce genre d’explosion c’est que cela, bien souvent, peut créer des dommages accumulés et entraîner une dégénérescence du cerveau», a-t-elle indiqué.

Selon la Dre Cernak, les traumatismes cérébraux subis par les soldats sont bien différents des blessures parfois observées chez les joueurs de hockey.

Ils ressentent parfois des effets par leur seule présence aux séances d’entraînement lors desquelles des engins explosifs et de l’artillerie sont testés. Et dans bien des cas, les militaires ne s’aperçoivent même pas qu’ils sont affectés par des explosions.

«Lors d’une explosion à faible intensité, ils vont souvent ressentir une pression légère, comme le vent sur leur visage, et ce sera tout.»

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