Graham Hughes Pauline Marois

Les militants du Parti québécois (PQ) ont adopté dimanche une «proposition d’urgence» pour que les députés et les futurs candidats du parti prennent l’engagement de ne jamais porter des signes religieux ostentatoires à l’Assemblée nationale.

Cette résolution a été adoptée à la quasi-unanimité par les quelque 500 délégués venus au conseil national du PQ, qui se tenait à Montréal cette fin de semaine. Le texte de la proposition précise que «cet engagement sera inscrit dans la déclaration solennelle des candidats du Parti québécois».

Geste inaccoutumé, la première ministre Pauline Marois a saisi le micro lors de la plénière pour justifier l’idée proposée par son ministre responsable de la charte des valeurs, Bernard Drainville.

Alors que son parti veut bannir les symboles ostentatoires pour tous les employés de l’État, Mme Marois a évoqué «son malaise» de ne pouvoir légalement en exiger autant des élus. À défaut de convaincre les autres partis de modifier le règlement de l’Assemblée nationale, puisqu’il faut l’unanimité des 125 députés, le PQ a décidé de faire le premier pas, en modifiant ses propres règles internes.

Mme Marois a aussi prononcé un discours de clôture enflammé sur le thème de la souveraineté. Elle a toutefois martelé que la charte des valeurs n’est pas vouée à servir la cause indépendantiste. «Je n’ai vraiment pas fait d’adéquation entre la charte et la souveraineté», a-t-elle rétorqué.

Durant son allocution, Mme Marois a fait vibrer la foule. «C’est risqué d’être soumis aux décisions d’Ottawa. Nous voulons un Québec libre et indépendant. On veut un pays!», a-t-elle scandé.

«Les Montréalais appuient la Charte»
La nouvelle administration de Montréal, qui s’oppose à la charte des valeurs, doit tenir compte de la position de ses citoyens, qui sont pourtant en faveur du projet, a déclaré Pauline Marois.

«Denis Coderre pourra présenter sa position, et nous ferons peut-être, ou pas, des modifications à la charte. Dans tous les cas, Montréal devra les respecter», a lancé Mme Marois. Si elle reconnaît que le nouveau maire de Montréal s’est clairement affiché en défaveur du projet de loi 60, la première ministre a tenu a précisé que «l’heure est à la discussion». Toutefois, elle a rappelé que le «maire et ses conseillers» doivent se rappeler que plusieurs sondages ont indiqué que les Montréalais étaient en faveur de la charte à près de 50%.

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