Chris Young Rob Ford. Chris Young / La Presse Canadienne

TORONTO – En l’espace de quelques heures, jeudi, Rob Ford a lancé des obscénités en direct à la télévision, a refusé de s’excuser avant de le faire quelques heures plus tard, a été écorché par l’équipe de football de Toronto pour avoir porté son chandail pendant qu’il tenait ces propos vulgaires, et a prié les médias de laisser sa famille en paix.

Les dernières frasques du controversé maire de Toronto ont déclenché de nouveaux appels à sa démission. Ses détracteurs ne semblent plus vouloir se contenter de l’implorer de consulter tout en siégeant comme maire: des élus l’exhortent maintenant à quitter son poste, plaidant que ses gestes nuisent à l’image de la métropole à l’échelle nationale et internationale.

Rob Ford a reconnu jeudi qu’il recevait l’aide d’une équipe de professionnels de la santé, mais s’est empressé de préciser qu’il n’avait aucune intention de partir.

«Les révélations (de mercredi) sur la cocaïne, les escortes et la prostitution m’ont poussé à bout», a lancé le maire en conférence de presse, jeudi midi. «Quand vous attaquez mon intégrité à titre de père et de mari, je vois rouge.»

Sa femme — qui, pour une rare fois, était à ses côtés dans le cadre d’un événement public — s’est ensuite portée à sa défense, affirmant que M. Ford n’avait pas à démissionner car «c’est la raison pour laquelle il y a des élections».

«Notre famille souhaite retrouver son intimité», a ajouté Renata Ford, alors que les journalistes la suivaient jusqu’au sous-sol de l’hôtel de ville.

Quelques heures auparavant, vêtu d’un chandail des Argonauts de Toronto, le maire niait avoir tenu des propos vulgaires concernant une employée l’an dernier.

Il a aussi fait une mise en garde à l’endroit de ses détracteurs, soutenant qu’il pourrait intenter des poursuites contre des membres de son personnel qui ont raconté aux policiers qu’au moins une de ses amies était une prostituée.

Et alors que les caméras de télévision tournaient, Rob Ford a tenu des propos vulgaires pour illustrer qu’il n’avait jamais demandé à l’employée en question si elle voulait avoir un rapport sexuel oral avec lui.

«Je ne lui ai jamais dit cela de ma vie, je ne ferais jamais ça», a-t-il lancé. «Mon mariage se porte bien, j’ai amplement de quoi manger à la maison», a-t-il ajouté, devant les regards ébahis des représentants des médias massés à l’hôtel de ville.

Le conseiller municipal Denzil Minnan-Wong, qui avait parrainé une motion exhortant le maire à prendre un congé, a qualifié le langage de Rob Ford de «tout à fait inacceptable», et affirmé qu’il était temps qu’il quitte ses fonctions.

Interrogée là-dessus, la première ministre de l’Ontario a indiqué que son gouvernement étudierait la possibilité de doter la Ville de Toronto de «nouveaux outils» si le conseil municipal estimait qu’il ne peut plus fonctionner dans ce parfum de scandale.

Kathleen Wynne a assuré les Torontois que le gouvernement surveille la situation de près, et que les dernières révélations sont «vraiment troublantes». Mais elle a rappelé que ce n’est ni le rôle ni l’intention du gouvernement provincial d’imposer ses choix à l’administration municipale de Toronto. Par contre, si le conseil municipal demande l’intervention de la province, a-t-elle dit, elle consultera les partis de l’opposition à Queen’s Park pour voir ce qui peut être fait.

Le langage pour le moins coloré de Rob Ford n’a visiblement pas davantage plu aux responsables de l’équipe torontoise de la Ligue canadienne de football. Les Argonauts ont publié un communiqué peu après la sortie du maire pour témoigner de leur «déception».

Le fait que M. Ford ait tenu ces propos alors qu’il avait revêtu le maillot de l’équipe est «particulièrement décevant considérant le travail réalisé par (l’)organisation dans la communauté afin d’aider les jeunes à gérer le problème de l’intimidation», peut-on lire dans le communiqué.

Les propos obscènes du maire ont été largement condamnés par ses collègues du conseil municipal, qui lui ont littéralement tourné le dos quand il parlait durant les nombreux débats de la journée.

«C’est absolument déplorable, dégoûtant, consternant, inacceptable, offensant, horrible pour notre ville, pour les femmes et pour tout le monde», a déclaré la conseillère Mary-Margaret McMahon. «Il devrait se mettre du ruban adhésif sur la bouche.»

Le conseil municipal de Toronto se réunira de nouveau en séance spéciale, vendredi, pour tenter de retirer à M. Ford ses pouvoirs de maire et de les confier au maire suppléant.

Selon des documents de la police rendus publics mercredi, des proches du maire se seraient déjà inquiétés de sa consommation de drogues, d’un épisode de conduite en état d’ébriété, et même de la présence possible de «prostituées» dans son bureau de l’hôtel de ville.

Ces allégations n’ont pas été prouvées devant un tribunal. Rob Ford a assuré jeudi qu’elles étaient fausses à «100 pour cent».

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