BERLIN – L’ancien lobbyiste germano-canadien Karlheinz Schreiber, impliqué dans un scandale de corruption qui avait éclaboussé l’ex-premier ministre Brian Mulroney, a été reconnu coupable en appel d’évasion fiscale, et condamné à six ans et demi d’emprisonnement en Allemagne.

L’agence de presse dpa a rapporté jeudi que le verdict de culpabilité contre Karlheinz Schreiber était tombé dans un tribunal d’Augsbourg, dans le sud de l’Allemagne.

Schreiber avait été arrêté au Canada en 1999 et extradé vers l’Allemagne, où il a été reconnu coupable de corruption en 2010. Il avait cependant interjeté appel du verdict, et obtenu la tenue d’un nouveau procès.

Selon les procureurs allemands, il n’a pas déclaré au fisc l’argent reçu en pots-de-vin pour la vente d’hélicoptères à la Garde côtière canadienne, des chars d’assaut à l’Arabie saoudite et autres ventes d’armes.

En Allemagne, l’ancien chancelier Helmut Kohl avait lui aussi été impliqué dans un scandale de corruption dans lequel aurait trempé Karlheinz Schreiber.

Selon certaines allégations, le lobbyiste avait fait un don en argent au trésorier de l’ancien parti de M. Kohl.

En 1999, Helmut Kohl avait ravivé le scandale en reconnaissant avoir lui-même accepté des dons n’ayant pas été comptabilisés de façon officielle.

Du côté d’Ottawa, l’ex-premier ministre progressiste-conservateur Brian Mulroney avait dû expliquer la nature de sa relation d’affaires avec Karlheinz Schreiber. L’enquête publique présidée par le juge Jeffrey Oliphant avait conclu en mai 2010 que les liens d’affaires entre M. Mulroney et l’homme d’affaires étaient «inappropriés».

Le magistrat avait reproché à M. Mulroney d’avoir omis de dévoiler ses transactions avec Schreiber, et d’avoir fait tant d’efforts pour ne laisser aucune trace de sa relation d’affaires.

«La conduite de M. Mulroney — en acceptant à trois occasions distinctes des enveloppes remplies d’argent de la part de M. Schreiber, en omettant de consigner les paiements en espèces, en omettant de déposer l’argent auprès d’une banque ou d’un autre établissement financier, et en omettant de divulguer les paiements en espèces lorsqu’il a eu l’occasion de le faire — me conforte largement dans mon point de vue selon lequel les transactions financières entre M. Schreiber et M. Mulroney étaient inappropriées», avait conclu le juge.

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