QUÉBEC – Un gouvernement dirigé par François Legault reverrait tout le
régime fiscal d’aide financière aux étudiants.
C’est la seule façon, selon lui, de dénouer l’impasse qui perdure entre
le gouvernement et les étudiants qui ont déclenché la grève en raison
d’une hausse de 1625 $ des droits de scolarité en cinq ans.

En conférence de presse, mercredi, M. Legault a expliqué comment il s’y
prendrait pour diminuer la contribution parentale exigée de la classe
moyenne (revenu de moins de 60 000 $), dans le calcul de l’aide aux
étudiants, et a dit avoir reçu un accueil favorable des porte-parole des
deux principales associations étudiantes à sa proposition.

Selon le voeu de M. Legault, une fois terminées ses études, le diplômé
aurait 10 ans pour remettre sa dette à l’État, à raison d’une ponction
de cinq pour cent de son revenu.

Après une décennie, s’il n’a pas
liquidé sa dette étudiante, elle disparaîtrait.
Le programme de remboursement des prêts étudiants viserait
l’autofinancement, selon la CAQ, qui abolirait du même coup le crédit
d’impôt – 120 millions $ – non remboursable pour frais de scolarité
actuellement en vigueur.

Cette somme serait totalement utilisée pour diminuer la contribution
parentale exigée des familles dont le revenu est inférieur à 60 000 $.
Celles qui gagnent davantage devraient quant à elles payer davantage que
les autres, d’autant plus qu’elles n’auraient plus droit au crédit
d’impôt.

« Cette proposition rejoint les objectifs des étudiants et ils m’ont dit
clairement, les deux (associations étudiantes), qu’ils étaient prêts à
considérer la proposition », a dit M. Legault, qui a rencontré Martine
Desjardins, de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ), et Léo
Bureau-Blouin, de la Fédération étudiante collégiale (FECQ).

« Le véritable enjeu (de la grève), c’est l’accessibilité » à
l’université, a ajouté M. Legault.
L’important, à court terme, c’est que le gouvernement Charest accepte de
s’asseoir avec les étudiants pour dénouer l’impasse autour des hausses
de droits de scolarité, selon celui qui dit craindre « l’impact
économique important » de la grève.

« On a atteint une limite. On ne peut pas continuer à Montréal à voir des
artères importantes être bloquées », a-t-il commenté.

Sur le fond, M. Legault a réaffirmé qu’il était toujours d’accord avec
le gouvernement quant aux hausses de 1625 $ en cinq ans imposées aux
étudiants.

Le chef de la CAQ était de passage à Québec, mercredi, pour présenter
deux candidats de sa formation aux prochaines élections générales dans
les circonscriptions de Taschereau et Charlesbourg.

Une fois de plus, il s’est dit d’avis que le premier ministre Jean
Charest allait déclencher des élections hâtives, dès ce printemps, d’ici
le début du mois de mai pour un scrutin en juin, en cherchant à éviter
d’éventuels témoignages incriminants attendus de la Commission
Charbonneau sur l’industrie de la construction.

Avec les deux nouveaux noms annoncés mercredi, la Coalition avenir
Québec a jusqu’à maintenant rendu publics les noms de seulement 19 des
125 candidats qui porteront ses couleurs. Mais il y en aurait quelque 60
autres qui n’attendraient que le moment opportun pour se lancer dans la
course, selon le parti.

Dans Charlesbourg, une circonscription libérale, la CAQ sera représentée
par une conseillère municipale de Québec et ex-péquiste, Denise Trudel,
et dans Taschereau, le fief de la péquiste Agnès Maltais, c’est Mario
Asselin qui défendra la bannière multicolore.

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