FRED CHARTRAND FRED CHARTRAND / La Presse Canadienne

OTTAWA – Le Nouveau Parti démocratique met en garde le gouvernement conservateur contre la tentation d’équilibrer son budget pour des raisons strictement politiques, au détriment de la croissance économique. Il ne précise toutefois pas quand il aimerait voir Ottawa ranger son encre rouge.

Le ministre des Finances, Jim Flaherty, déposera son prochain budget mardi. Plusieurs observateurs s’attendent à ce qu’il contienne peu de mesures de stimulation économique, les conservateurs préférant engranger davantage de revenus afin d’être capables d’équilibrer le budget en 2015 — année électorale — et de remplir des promesses de longue date, comme le fractionnement des revenus pour les familles.

Mais le porte-parole adjoint en matière de finances du NPD, Guy Caron, croit qu’il serait mal avisé de chercher à atteindre l’équilibre budgétaire à tout prix en 2015, sans s’assurer d’abord que l’économie roule à son plein potentiel.

«La question d’équilibrer le budget doit être une question qui ne dépend pas des objectifs politiques», a-t-il insisté.

«C’est difficile d’oublier qu’on a des élections en 2015. C’est difficile d’oublier également que les conservateurs prennent des mesures qui sont extrêmement drastiques pour atteindre cet équilibre-là, et au détriment de la croissance économique et de la création d’emplois», a-t-il dit.

En point de presse mercredi aux côtés de sa collègue Peggy Nash, il n’a pas voulu préciser quand un gouvernement néo-démocrate retrouverait l’équilibre budgétaire, insistant sur le fait que cela dépendrait de la conjoncture économique.

«Si on parle d’une conjoncture qui va nous permettre d’atteindre l’équilibre en 2015-2016 sans créer ce frein à la croissance économique, tant mieux», a-t-il soutenu, ajoutant que le gouvernement ne devrait pas se fermer à la possibilité de reporter cela à l’année suivante si cela permettait une meilleure croissance.

Pour le budget à venir, son parti propose notamment un crédit d’impôt à l’embauche pour les petites entreprises de 1000 $, un crédit semblable pour toute compagnie embauchant un jeune travailleur, le rétablissement du programme de rénovation domiciliaire Écoénergie et l’annulation des compressions dans les services aux vétérans. L’ensemble de ces mesures, soumises à M. Flaherty lors d’une rencontre, coûteraient environ 550 millions $ à l’État.

Le NPD suggère également de «rendre la vie plus abordable» en limitant les frais aux guichets automatiques et des cartes de crédit.

PLC et Bloc

Au Parti libéral du Canada (PLC), on martèle que le gouvernement devrait proposer des mesures pour soulager la classe moyenne.

Le chef libéral Justin Trudeau en a particulièrement contre les hausses de tarifs sur certains biens d’importation qui étaient incluses dans le budget de l’an dernier, et dont les effets sur le portefeuille des Canadiens sont exacerbés par la baisse du huard.

«Un professeur de maths ne devrait pas avoir à expliquer à un économiste l’impact des tarifs à l’importation quand le dollar tombe», a ironisé M. Trudeau en référence à son passé d’enseignant et à la formation d’économiste de Stephen Harper.

Le premier ministre a sauté sur l’occasion pour tenter de discréditer son rival. «J’ai certainement hâte de voir le jour où le leader du Parti libéral expliquera ses positions à des économistes», a-t-il rétorqué.

Le PLC compte détailler davantage quelles sont ses attentes à l’égard du budget Flaherty au cours des prochains jours.

Le Bloc québécois a pour sa part soumis ses demandes au gouvernement conservateur la semaine dernière, en mettant l’accent sur le règlement des contentieux entre les deux paliers de gouvernement. Il estime que si rien n’est fait, le manque à gagner de Québec devant Ottawa s’établira à 2,36 milliards $, notamment en raison des changements dans les transferts en santé, en éducation et en programmes sociaux.

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