Jacques Boissinot / La Presse Canadienne Stéphane Bergeron

QUÉBEC – Le gouvernement du Québec entend rendre la société québécoise plus résiliente aux catastrophes.

Le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, a présenté mardi une politique de sécurité civile devant s’échelonner sur les dix prochaines années afin de faire face à l’incontournable réalité selon laquelle les catastrophes sont de plus en plus fréquentes et de plus en plus importantes.

Les documents présentés par le ministre font référence aux récentes catastrophes de L’Isle-Verte et de Lac Mégantic, mais aussi aux inondations survenues en Montérégie en 2011 ou encore à la crise du verglas en 1998.

Parmi les objectifs visés, la politique doit permettre de consolider le système québécois de sécurité civile, notamment en améliorant la mobilisation, la coordination et la concertation des différents acteurs, qu’il s’agisse des organismes de la société civile, des entreprises, du monde municipal et des ministères impliqués. Ceux-ci seront invités à trouver les moyens en vue d’accroître le partage de l’information et de développer leurs compétences et leur gestion des risques.

La politique vise également à améliorer la prévention, entre autres par les programmes d’inspection et d’entretien ainsi que l’intensification de la surveillance et la mise sur pied de systèmes de prévision et d’alertes précoces.

Enfin, la politique prévoit renforcer la capacité de réponse en cas de catastrophe, notamment pour assurer la continuité des activités des entreprises et organisations, le rétablissement et la reconstruction de zones sinistrées.

Un des éléments de la politique consiste à documenter les catastrophes passées, développer une meilleure connaissance des aléas et des vulnérabilités auxquels le Québec est exposé et développer une expertise en matière d’évaluation des risques.

L’Organisation de la sécurité civile du Québec (OSCQ) doit maintenant élaborer, au cours de l’année 2014, un plan d’action national. Des mécanismes de suivi et des indicateurs de performance seront établis en vue de suivre l’évolution de la situation.

Un rapport intérimaire de mise en oeuvre de la politique sera réalisé à mi-parcours, soit en 2019.

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) et la Fédération québécoise des municipalités (FQM) accueillent favorablement l’initiative.

L’UMQ dit appuyer l’idée selon laquelle la sécurité civile est une responsabilité partagée et qu’il est donc nécessaire d’aborder les actions en la matière selon une approche globale et intégrée. Son président, Éric Forest, précise toutefois qu’il reste à discuter des moyens qui seront mis à la disposition des municipalités pour atteindre les objectifs de la politique, précisant que les municipalités doivent pouvoir avoir accès aux ressources humaines et financières adéquates pour sa mise en oeuvre.

Dans la même veine, le président de la FQM, Richard Lehoux, avertit le gouvernement qu’il n’est pas question pour le milieu municipal d’accepter de nouvelles obligations sans que celles-ci s’accompagnent des moyens correspondants.

Par ailleurs, la FQM se dit d’avis qu’il faut encadrer davantage les entreprises génératrices de risques afin qu’elles soient tenues responsables et obligées par la loi à divulguer aux municipalités tous les risques se rattachant à leurs activités. Ces entreprises doivent aussi être contraintes de détenir une couverture d’assurance suffisante permettant de couvrir l’ensemble de ces risques.

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