Archives Métro Un puits de forage de gaz de schiste.

Les audiences publiques sur le projet de loi 37, qui propose un moratoire de cinq ans sur l’exploitation des gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent, ont débuté mardi.

Le débat très polarisé sur ce dossier est relancé. Dès la première journée, des groupes environnementaux et des représentants de l’industrie gazière ont fait part de leur opinion, aux antipodes les unes des autres. «Le moratoire devrait s’appliquer à l’ensemble du territoire et interdire la fracturation hydraulique, qui est la technique utilisée pour extraire le gaz et le pétrole de schiste», a déclaré à la sortie des audiences André Bélisle, président de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA).

Selon M. Bélisle, des dizaines d’études ont prouvé que la fracturation hydraulique – qui consiste à perforer les gisements de schiste à l’aide d’un mélange d’eau et d’additifs chimiques – entraîne de nombreux risques de déversements toxiques dans les terres.

L’économiste en chef du Conseil du patronat, Norma Kzhaya, qui participera aux audiences mercredi, croit plutôt que la filière de schiste, si elle est bien encadrée, peut permettre une prospérité économique «dont le Québec ne peut se passer».

La commission parlementaire, si elle n’est pas interrompue par des élections, doit prendre fin le 18 mars. «En ce moment, il y a beaucoup de projets de loi qui s’accumulent, c’est difficile de savoir quels projets sont de nature électoralistes et lesquels ne le sont pas… Mais je crains que le projet de moratoire meure au feuilleton», a fait savoir Lucie Sauvé, coordonnatrice du Collectif scientifique sur la question des gaz de schiste, qui entend déposer un mémoire auprès de la commission parlementaire.

Mme Sauvé salue l’idée d’imposer un moratoire, bien qu’elle juge qu’il serait souhaitable de le prolonger sur une plus longue période que cinq ans, et d’y ajouter une clause pour que les compagnies gazières, qui ont exploré la vallée du Saint-Laurent, n’abandonnent pas les sites exploités sans nettoyer les dommages potentiels sur l’environnement.


Pour y voir plus clair: série de conférences sur les gaz de schiste
Le Collectif scientifique sur la question du gaz de schiste, qui regroupe plus de 100 experts, organise une série de conférence pour clarifier les aspects cruciaux du dossier des gaz de schiste. La première conférence publique se tient ce mercredi à l’UQAM, où il sera question de gouvernance et d’aménagement. Pour en savoir plus, visitez le site du Collectif scientifique.

Historique: le dossier des gaz de schiste en quelques dates

  • 2007. Découverte d’un gisement de gaz de schiste (GDS) par la compagnie Forest Oil.
  • 2007-2010. Le gouvernement Charest octroie des permis d’exploration, plus de 30 puits forés.
  • 2010. Malgré la grogne populaire, Jean Charest refuse d’imposer un moratoire, mais son ministre de l’Environnement Pierre Arcand suspend tous les projets et commande une consultation au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).
  • 2011. Le BAPE recommande un encadrement strict de l’industrie et la tenue d’une évaluation environnementale stratégique avant d’aller plus loin. Des inspecteurs découvrent des fuites inquiétantes dans 19 puits.
  • 2012. Élection du Parti québécois, qui promet de prolonger le moratoire.
  • 17 février 2014. Le gouvernement Marois dévoile le rapport d’experts de 300 pages, qui conclut que le contexte n’est pas favorable à cette filière, tant sur le plan économique qu’environnemental. Québec demande au BAPE de mener une nouvelle consultation dès le 31 mars.
  • 18 février 2014. Début des audiences publiques du projet de loi 37, en vue d’un moratoire de 5 ans.

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