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OTTAWA – Alors que les politiciens, à Ottawa, n’arrivent pas à s’entendre sur ce que constitue la classe moyenne, une nouvelle analyse suggère que les écarts de richesse continuent d’augmenter au pays.

Un rapport du Centre canadien de politiques alternatives révèle que les 86 personnes et familles les plus riches au Canada — ou 0,002 pour cent de la population — deviennent de plus en plus riches et possèdent maintenant davantage de richesses que les 11,4 millions de Canadiens les plus pauvres.

C’est davantage qu’en 1999, alors que les 86 plus riches avaient autant d’argent que les 10,1 millions les plus pauvres, suffisamment pour tout acheter ce qui se trouve au Nouveau-Brunswick tout en gardant environ 40 milliards $ dans leurs poches, selon un rapport dévoilé jeudi.

L’économiste et auteur David Macdonald, qui a utilisé les données de Statistique Canada et les recherches du magazine Canadian Business pour son rapport, croit que l’exercice sert à démontrer que si l’inégalité des revenus est un enjeu social et politique, l’inégalité des richesses est bien pire.

En fait, la liste des résidants canadiens très riches a bien peu à voir avec les revenus au sens traditionnel, selon M. Macdonald. Aucun des 86 plus riches n’est dirigeant d’entreprise. Ils sont plutôt sur la liste parce qu’ils ont fondé des compagnies ou qu’ils ont des liens familiaux avec des fondateurs d’entreprises.

«Les 20 pour cent au sommet du spectre ne cumulent que la moitié des revenus mais au chapitre de l’inégalité de richesse, ils en accaparent 70 pour cent. C’est beaucoup plus draconien et le danger, lorsque vous amassez toute cette richesse, c’est que vous commencez à vous acheter du pouvoir politique», a-t-il soutenu.

L’inégalité, qu’elle soit associée aux revenus ou à la richesse, semble de plus en plus vouloir devenu un enjeu clé des prochaines élections fédérales. Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, et celui du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, cherchent tous les deux à démontrer que les politiques conservatrices ont fait reculer la classe moyenne, lui laissant peu de sécurité d’emploi et des dettes plus élevées.

Le gouvernement a pour sa part avancé que l’augmentation de la valeur nette dévoilée par Statistique Canada, en février, indique que ses politiques fonctionnent pour tout le monde.

«Le revenu disponible après impôt a grimpé de 10 pour cent pour l’ensemble des paliers d’imposition», avait alors relevé le ministre de l’Emploi, Jason Kenney.

Mais Statistique Canada a aussi démontré que la richesse continuait de grimper dans les plus hautes sphères. Alors que la moyenne des avoirs nets a augmenté de près de 80 pour cent à depuis 1999 à 243 000 $ par ménage, les 40 pour cent occupant le sommet du spectre possédaient 88,9 pour cent de toute la richesse, les 60 autres pour cent devant se partager le maigre 11,1 pour cent d’avoirs nets restants.

Par ailleurs, les personnes et familles les plus riches recensées en 2013 — parmi lesquelles des noms connus tels Thomson, Weston, Irving, Desmarais et Pattison — étaient sensiblement les mêmes que celles répertoriées en 2005 et en 1999.

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