Paul Chiasson Pauline Marois Claude Blanchette jean-Francois Lisee. Paul Chiasson / La Presse Canadienne

MONTRÉAL – La chef péquiste Pauline Marois a annoncé sa démission, lundi soir, après l’une des plus cuisantes défaites de l’histoire du Parti québécois (PQ).

L’objectif de former un gouvernement majoritaire n’a pas été atteint malgré 34 jours de campagne, au terme desquels les péquistes ont été relégués dans l’opposition officielle.

Mme Marois a elle-même été incapable de se faire élire dans sa circonscription de Charlevoix – Côte-de-Beaupré, tout comme plusieurs candidats-vedettes qui ont mordu la poussière.

Le PQ a réalisé un des pires scores de son histoire, avec 25,4 pour cent des suffrages exprimés, à 23h30.

En 2007, lors de la pénible défaite de l’ex-chef péquiste André Boisclair, le résultat final avait été de 28,4 pour cent des votes, ce qui avait forcé les péquistes à se contenter du titre de deuxième groupe d’opposition.

En fin de soirée, le Directeur général des élections prévoyait que l’aile parlementaire du PQ se composera de 30 députés, loin des 54 à la dissolution de la Chambre le 5 mars.

Prenant acte de la défaite, Mme Marois est arrivée avec son mari Claude Blanchet, peu après que le triumvirat formé des députés Jean-François Lisée, Bernard Drainville et Pierre Karl Péladeau l’eut précédée pour s’adresser à tour de rôle aux militants rassemblés dans la salle d’un hôtel montréalais.

Vêtue de noir, tout comme son mari et ses collègues députés qui se tenaient près d’elle, Mme Marois annoncé son départ prochain, au terme d’une période de transition.

«Vous comprendrez que dans les circonstances, je vais quitter mes fonctions, a-t-elle dit. J’assumerai cependant mes responsabilités pour assurer une transition ordonnée au sommet de l’État, vous me connaissez comme une femme responsable, et ainsi que dans mon parti.»

Mme Marois a exprimé sa déception que l’équipe qu’elle avait rassemblée n’ait pu convaincre les électeurs de lui confier un mandat majoritaire.

«Les Québécois se sont prononcés et nous devons respecter ce résultat, a-t-elle dit. La défaite de notre parti ce soir, je dois vous dire qu’elle m’attriste sans doute autant que vous sinon plus que vous, nous avions tellement à offrir.»

Réélus, Bernard Drainville et Jean-François Lisée ont été les deux premiers ministres sortants à arriver dans la salle où se déroulait la soirée électorale du Parti québécois dans un hôtel montréalais.

Candidat vedette, l’homme d’affaires Pierre Karl Péladeau, un gain pour le PQ dans Saint-Jérôme, a suivi peu après.

Une autre vedette du PQ, Diane Lamarre, présidente de l’Ordre des pharmaciens du Québec, a été élue dans Taillon, mais d’autres candidats d’envergure ont mordu la poussière.

C’est le cas de Daniel Lebel, président de l’Ordre des ingénieurs du Québec, dans Drummond-Bois-Francs, où la Coalition avenir Québec (CAQ) a conservé son siège.

Faisant ses premiers pas en politique, la metteure en scène Lorraine Pintal a été battue par le libéral Jacques Daoust, dans Verdun, tandis que la journaliste Dominique Payette a connu le même sort dans Charlesbourg.

L’auteure Djemila Benhabib, connue pour ses positions en faveur de la laïcité, a été incapable de se faire élire dans Mille-Îles, après une autre tentative ratée en 2012 dans Trois-Rivières.

Dans Trois-Rivières, un autre candidat vedette, l’ex-journaliste Alexis Deschênes, a été battu par son adversaire libéral.

Dans Montarville, le péquiste Simon Prévost, un des candidats-vedettes de l’équipe économique du PQ, a aussi perdu, terminant en troisième place, la caquiste Nathalie Roy gardant son siège.

Des ministres ont été défaits, Diane De Courcy, dans Crémazie, Réjean Hébert, dans Saint-François, et Pierre Duchesne, dans Borduas.

Le PQ a été incapable de percer dans la région de Québec, où la députée sortante Agnès Maltais a été la seule élue, dans Taschereau.

Des huées se sont fait entendre, dans la salle où les péquistes observaient le dépouillement du vote, lorsque Radio-Canada a annoncé que les libéraux obtenaient un mandat majoritaire, à 20h42.

La même scène s’est reproduite quand l’élection du chef libéral Philippe Couillard a été confirmée dans Roberval, un gain aux dépends du député péquiste sortant Denis Trottier.

Tout comme lors du conseil national à Laval qui avait suivi le déclenchement de la campagne électorale, la soirée électorale péquiste s’est déroulée sous haute sécurité. Les militants devaient passer à travers un détecteur de métal et leurs effets étaient fouillés, avant d’accéder à la salle où se tient l’événement au 11e étage de l’hôtel.

En septembre 2012, en pleine soirée électorale, Mme Marois avait été la cible d’un attentat raté qui avait fait un mort, juste après la confirmation de son accession à la tête d’un gouvernement minoritaire.

Au dernier scrutin du 4 septembre 2012, le PQ avait réussi à former un gouvernement minoritaire après avoir obtenu 31,9 pour cent des suffrages, contre 31,2 pour cent pour le Parti libéral du Québec, qui disposait de 50 sièges.

La campagne péquiste a été marquée par la candidature de M. Péladeau, dont le vibrant plaidoyer pour l’indépendance a ramené l’éventualité d’un référendum au centre des échanges, plaçant Mme Marois sur la défensive.

Après avoir évoqué les frontières et la monnaie d’un Québec souverain, Mme Marois a reconnu, en fin de campagne, qu’elle a donné des munitions à ses adversaires en élaborant sur ces sujets.

Les péquistes ont tenté de ramener leur projet de charte des valeurs au centre du débat, en déclarant que la disposition dérogatoire pourrait être invoquée pour mettre leurs balises en matière de laïcité à l’abri des contestations judiciaires.

À quatre jours du scrutin, la chef péquiste a brandi une promesse de baisses d’impôts, lorsque des surplus seront dégagés après le retour de l’équilibre budgétaire, prévu au terme de l’exercice 2015-2016.

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