Graham Hughes François Legault

La Coalition Avenir Québec (CAQ) a fait élire davantage de députés à l’Assemblée nationale.

«Malgré la polarisation référendaire dans laquelle les deux partis nous ont entraînés, on a réussi, à la coalition, à faire entendre notre voix et à faire entendre nos idées», s’est félicité lundi soir le chef de la CAQ, François Legault, qui s’est fait réélire sans difficulté dans L’Assomption.

Pas moins de 22 députés caquistes ont obtenu la faveur des Québécois. C’est quatre élus de plus qu’au moment où la première ministre, Pauline Marois, a rendu visite au lieutenant-gouverneur.

«On n’est pas aussi nombreux qu’on aurait souhaité, mais on va prendre notre place, toute notre place», a insisté M. Legault. Il a promis de diriger «une opposition forte, solide et constructive» et il a appelé à davantage de civilité et de respect entre les élus. «C’est-ce que les Québécois s’attendent de nous», a-t-il dit.

Les ténors de la CAQ, que sont Eric Caire (La Peltrie), Gérard Deltell (Chauveau), François Bonnardel (Granby), et Sylvie Roy (Arthabaska), ont tous été réélus. Les députés sortants Marc Picard (Chutes-de-la-Chaudière), Sébastien Shneeberger (Drummond-Bois-Francs), Donald Martel (Nicolet-Bécancour), Christian Dubé (Lévis), Nathalie Roy (Montarville) ont aussi été reconduits dans leur fonction de député.

Plusieurs des gains que la CAQ a enregistrés se trouvent dans le 450. Claude Surprenant (Groulx), Sylvie D’Amour (Mirabel), Mathieu Lemay (Masson), Claire Samson (Iberville) et Jean-François Roberge (Chambly) ont défendu avec succès les couleurs de la CAQ. L’ancien député Benoît Charrette effectuera quant à lui un retour à l’Assemblée nationale.

La CAQ n’a pas réussi à faire réélire tous ses députés qui sollicitaient un autre mandat. Sylvain Lévesque (Vanier-Les Rivières), Denise Trudel (Charlesbourg) et Michelyne C. St-Laurent (Montmorency) ont été défaits par des candidats libéraux. Stéphane Le Bouyonnec a quant à lui mordu la poussière dans La Prairie.

Le chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ), François Legault, a lancé sa campagne électorale le 4 mars dernier en affirmant qu’il livrait «la bataille de sa vie».

Les sondages lui étaient alors défavorables. À peine 15% des Québécois se disaient prêts à faire confiance à son parti pour diriger la Belle Province, d’après un sondage Léger-Journal de Montréal diffusé le 5 mars dernier.

Deux semaines plus tôt, le candidat-vedette de CAQ, l’ancien policier Jacques Duchesneau, avait annoncé qu’il ne se présenterait pas aux prochaines élections. La députée sortante de Groulx, Hélène Daneault, a fait de même après la dissolution de l’Assemblée nationale, en invoquant des problèmes de santé.

François Legault s’est malgré tout lancé dans la mêlée politique la tête haute. Tout au long des 33 jours de campagne, il a présenté ses idées pour relancer l’économie du Québec et alléger le fardeau des contribuables. Il a notamment promis d’abolir la taxe santé et les taxes scolaires ainsi que de limiter la hausse des tarifs au niveau de l’inflation. Il a aussi présenté son projet Saint-Laurent, qui permettrait selon lui de créer près de 100 000 emplois.

Le chef de la CAQ a également affirmé que si son parti était porté au pouvoir, il réviserait voire annulerait les investissements destinés à l’installation d’une cimenterie en Gaspésie, à la construction d’un anneau de glace à Québec et au prolongement du métro à Montréal.

En plus de parler de son programme électoral, François Legault ne s’est pas gêné pour attaquer ses adversaires. Il a régulièrement questionné la première ministre Pauline Marois sur ses intentions concernant l’organisation d’un référendum lors du prochain mandat. Il a aussi dénoncé son projet de Charte de la laïcité, pour lequel elle a refusé de faire tout compromis pour des «raisons électoralistes» selon lui. Le chef libéral, Philippe Couillard, n’a pas été en reste. Ses liens avec l’ex-dirigeant du CUSM, Arthur Porter, ont été soulignés par le chef de la CAQ, de même que les allégations de corruption qui pèsent sur son parti.

Les attaques ont culminé lors du deuxième débat des chefs, qui a été diffusé au réseau TVA. François Legault y a fait preuve de combativité, en lançant des répliques acerbes à ses deux principaux adversaires. «Vous devriez changer de slogan sur votre autobus. Au lieu de « déterminée », ça devrait être « déconnectée »», a-t-il dit à Mme Marois. «Je n’ai jamais vu un chef libéral si peu se soucier du français», a-t-il déclaré à M. Couillard.

Depuis cette joute oratoire, le CAQ obtient davantage la faveur des Québécois. Le dernier coup de sonde, réalisé par la firme Léger pour le Journal de Montréal, montre que le parti recueille 23% des intentions de vote. Reste à voir comme cela se traduira dans l’isoloir.

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