PC Gaétan Barrette

BROSSARD, Qc – Les électeurs de La Pinière ont toujours voté libéral, et ce n’aura pas été différent, lundi. Le candidat-vedette du Parti libéral, Gaétan Barrette, a ainsi défait l’ex-libérale devenue indépendante Fatima Houda-Pepin.

Les supporters de Mme Houda-Pepin, rassemblés dans une école primaire de Brossard, sur la rive sud de Montréal, ont tranquillement manifesté leur déception à l’annonce du résultat. Mme Houda-Pepin était arrivée sur place tôt en soirée et n’avait pas manqué d’aller saluer chacun des militants.

Fatima Houda-Pepin avait travaillé sans relâche dans sa circonscription, pendant les 33 jours de campagne, mais elle avait la lourde tâche de tenter de se faire élire en tant que candidate indépendante, ce que personne n’a réussi à faire au Québec depuis les années 1960.

Selon l’ex-députée, la raison de sa défaite est simple: elle a perdu en raison d’une stratégie orchestrée par son adversaire libéral.

«Cette élection a été atypique à bien des égards, a-t-elle déclaré dans son discours après l’annonce de sa défaite. Nous avons été tributaires de la stratégie qui, au niveau national, a ramené cette élection à une élection référendaire, ce qu’elle n’était pas, mais ça a été un enjeu qui nous a affectés ici et M. Barrette s’est servi de ça à satiété. Partout, il a dit qu’un vote pour Fatima est un vote pour le PQ, un vote pour la séparation.»

Mme Houda-Pepin croit que la communauté chinoise, en forte représentation dans la circonscription, a eu particulièrement peur des menaces référendaires brandies, selon elle, par son adversaire.

Mme Houda-Pepin représentait les électeurs de La Pinière à l’Assemblée nationale depuis 1994. Mais ses opinions en matière de laïcité avaient donné lieu à un bras de fer avec son chef Philippe Couillard, de sorte qu’elle avait été exclue du caucus libéral en janvier dernier.

L’annonce de l’élection d’un gouvernement libéral a d’ailleurs été accueillie presque dans l’indifférence chez les militants de Mme Houda-Pepin.

Pour favoriser sa réélection, le Parti québécois, vantant le «courage et l’engagement» de la députée indépendante dans le débat sur la charte des valeurs, avait choisi de lui laisser le champ libre en ne présentant aucun candidat péquiste dans La Pinière.

Mais les électeurs de La Pinière ont toujours largement favorisé le Parti libéral, élisant chaque fois les candidats de ce parti par quelque 10 000 voix. Sans grande surprise, ils ont donc choisi d’appuyer l’ancien président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, Gaétan Barrette.

Celui-ci réussira donc à entrer à l’Assemblée nationale, après une première tentative infructueuse en 2012.

Visiblement heureux de sa victoire, célébrée dans son local électoral bondé, M. Barrette a nié avoir misé sur la crainte référendaire pour se faire élire.

«Les gens n’ont pas eu peur, pas dans La Pinière. Les gens dans La Pinière n’ont pas peur d’un référendum, ils savent, en toute conscience, en toute raison, qu’un référendum c’est un paquet de troubles», a-t-il avancé.

Du même souffle, il dit cependant croire que le référendum a été un point tournant dans une campagne qui ne plaçait pas les libéraux favoris il y a 33 jours.

«Quand Pierre-Karl Péladeau est arrivé, ça a cristallisé les intentions référendaires du gouvernement», a-t-il dit.

M. Barrette souhaite maintenant «prendre 12 heures de sommeil», puis attendre de voir comment son chef Philippe Couillard configurera son cabinet. Celui que plusieurs voient comme ministre de la Santé affirme qu’il sera heureux de répondre à l’appel si on lui propose un plus grand rôle au sein du gouvernement, mais il refuse de se lancer dans les spéculations quant à la place qu’il occupera.

«Je n’ai pas fait une campagne de miroir, je ne me suis pas regardé dans le miroir tous les matins (en me disant): « où te vois-tu, où te vois-tu pas? ». J’ai fait une campagne de député, (…) c’est ce que je visais. Je l’ai, merci, bonsoir, on verra après», a-t-il lancé.

Fatima Houda-Pepin, elle, croit que Gaétan Barrette avait effectivement le poste de ministre dans sa mire, l’accusant même de s’être «magasiné une limousine» en passant d’un parti à l’autre.

Elle souhaite d’ailleurs changer la façon dont se fait la politique dans la province pour lui donner une dimension qu’elle souhaite plus humaine. Elle prévoit donc créer un groupe de réflexion sur la politique autrement.

«Je veux rassembler toutes les volontés, toutes les idées pour dire que la politique au Québec doit se faire à dimension humaine, avec et pour les citoyens», a-t-elle déclaré avant de clore son discours.

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